La coopération judiciaire entre la France et le Togo se renforce dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et la lutte contre le terrorisme. À l’issue d’une rencontre à Paris avec son homologue togolais Pacôme Yaovi Adjourouvi, le ministre français de la Justice Gérald Darmanin a réaffirmé le soutien de la France au Togo face aux menaces sécuritaires et aux tentatives d’ingérence extérieure.
Dans un message publié mercredi sur le réseau X, Gérald Darmanin a souligné la volonté de Paris d’accompagner Lomé dans la lutte contre le terrorisme et la protection des institutions nationales.
Cette collaboration s’appuie sur des relations historiques entre les deux pays, notamment dans les domaines judiciaire et institutionnel. Depuis plusieurs années, magistrats, experts juridiques et responsables des deux États multiplient les échanges et les programmes de coopération.
Sur le plan judiciaire, la France et le Togo travaillent ensemble dans le cadre de l’entraide pénale internationale. Cette coopération concerne notamment les échanges d’informations, les commissions rogatoires, les extraditions ainsi que la remise de personnes recherchées.
Les autorités des deux pays considèrent cette coordination comme essentielle face à l’évolution des réseaux criminels et terroristes opérant désormais au-delà des frontières nationales.
Le Togo est confronté depuis plusieurs années à la menace jihadiste dans sa région septentrionale, en raison de l’instabilité persistante au Sahel. Dans ce contexte, l’expertise française en matière de lutte contre le financement du terrorisme, de suivi des combattants étrangers et de gestion des dossiers de radicalisation constitue un appui stratégique pour les autorités togolaises.
La référence aux « ingérences » évoquée par Gérald Darmanin traduit également une inquiétude commune concernant les tentatives de déstabilisation visant certains États africains partenaires de la France.
Au-delà des questions sécuritaires, Paris soutient aussi les efforts de modernisation du système judiciaire togolais.
Des sessions de formation destinées aux magistrats togolais sont régulièrement organisées avec l’appui de École nationale de la magistrature, aussi bien en France qu’au Togo.
Les échanges portent également sur la réforme des procédures judiciaires, la lutte contre la corruption et le renforcement de l’indépendance de la justice.
Cette rencontre à Paris intervient dans la continuité du rapprochement diplomatique engagé ces derniers mois entre les deux pays.
En avril dernier, Jean-Noël Barrot s’était rendu à Lomé, marquant la première visite d’un chef de la diplomatie française au Togo depuis deux décennies.
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