Des voix critiques du pouvoir togolais affirment que le régime de Faure Gnassingbé envisagerait une nouvelle révision constitutionnelle suivie d’élections législatives anticipées afin de renforcer la légitimité institutionnelle du chef de l’exécutif.
Selon ces analyses, l’objectif serait de permettre à Faure Gnassingbé d’obtenir un mandat parlementaire en devenant député, dans le cadre du nouveau système politique instauré par la récente Constitution.
Au cœur des débats figure également une publication signée par Christian Trimua, proche du pouvoir et ancien membre du gouvernement.
Présenté sous la forme d’une réflexion universitaire, le document analyse plusieurs aspects de la nouvelle Constitution togolaise. Toutefois, certains opposants estiment qu’il s’agit davantage d’une démarche politique destinée à préparer l’opinion publique à une future modification du texte constitutionnel.
Les critiques du régime considèrent que la nouvelle Constitution a créé des difficultés institutionnelles et suscité des interrogations aussi bien sur le plan national qu’international.
Plusieurs organisations politiques et mouvements de l’opposition, dont Touche Pas A Ma Constitution, Dynamique pour la Majorité du Peuple, Dynamique Monseigneur Kpodzro et Lumière pour le Développement dans la Paix, avaient déjà dénoncé ce scénario lors d’une conférence de presse conjointe organisée il y a quelques semaines.
Selon ces groupes, le pouvoir chercherait progressivement à construire un consensus politique autour d’une nouvelle révision constitutionnelle.
Ils accusent également certaines personnalités universitaires et politiques proches du régime de participer à cette stratégie à travers diverses publications et prises de position publiques.
Parmi les noms évoqués figurent notamment Dodzi Komla Kokoroko, Adama Mawulé Kpodar et Kossivi Hounaké.
Les opposants estiment aussi qu’un dialogue politique pourrait être organisé avec certains partis afin de donner une apparence de consensus national avant toute modification de la Constitution.
D’après leurs déclarations, ce dialogue servirait ensuite de base politique et diplomatique pour justifier une nouvelle réforme institutionnelle auprès de la communauté internationale.
Les critiques du régime considèrent enfin que les Togolais restent largement méfiants à l’égard du processus électoral depuis les élections législatives du 29 avril 2024.
Dans cette tribune signée par Nathaniel Olympio, l’auteur affirme qu’une partie de la population réclame désormais une transition politique visant à réformer en profondeur les institutions du pays.
Aucune annonce officielle concernant une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale ou une nouvelle révision constitutionnelle n’a été faite par les autorités togolaises à ce stade.
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