La capitale togolaise, Lomé, a accueilli du 11 au 13 mai 2026 une conférence régionale consacrée à la nutrition et au développement de la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre.
L’événement, organisé sous l’égide du Groupe de la Banque mondiale en collaboration avec le gouvernement togolais, Organisation mondiale de la santé, UNICEF et le Programme alimentaire mondial, a réuni des ministres et représentants de vingt-deux pays.
Au terme des travaux, les participants ont adopté un texte commun baptisé « Déclaration de Lomé », destiné à renforcer les politiques de nutrition et de développement de la petite enfance au cours des trois prochaines années.
Une situation préoccupante dans la région
Les discussions ont mis en évidence l’ampleur des défis sanitaires et sociaux auxquels fait face la région.
Selon les chiffres présentés lors de la conférence, un enfant sur quatre souffre d’un retard de croissance en Afrique de l’Ouest et du Centre, tandis que près de 65 millions de femmes sont touchées par l’anémie.
En République centrafricaine, le taux de malnutrition chronique atteint 40 %, avec une mortalité maternelle particulièrement élevée. Au Tchad, l’arrivée massive de réfugiés liés aux conflits régionaux exerce une forte pression sur les structures sanitaires.
Tony Verheijen, représentante du Groupe de la Banque mondiale au Togo, a indiqué que le nombre d’enfants souffrant de malnutrition continue d’augmenter sous l’effet de plusieurs facteurs : inflation alimentaire, baisse du pouvoir d’achat, crises sécuritaires et diminution de l’aide internationale.
Quatre priorités mises en avant
La directrice régionale du Programme alimentaire mondial, Kinday Ndella Samba, a présenté plusieurs priorités jugées essentielles pour améliorer la situation.
Elle a notamment insisté sur l’intégration des services de santé pour les femmes et les enfants, l’amélioration de l’accès à des aliments nutritifs, le renforcement de la scolarisation des filles et le développement des mécanismes de protection sociale afin de soutenir les revenus des familles.
De son côté, la Banque mondiale a rappelé l’importance d’accroître les financements dédiés à la nutrition et au développement de la petite enfance, tout en appelant les États à concrétiser rapidement leurs engagements.
Les engagements de la Déclaration de Lomé
La cérémonie de clôture a été présidée par la ministre togolaise des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Martine Moni Sankaredja, qui a invité les pays participants à transformer les promesses en actions concrètes.
La Déclaration de Lomé a été présentée par Marthe-Augustine Kirimat au nom des États participants.
Le document s’articule autour de six grands engagements :
- renforcer la gouvernance et la transparence dans les politiques de nutrition ;
- augmenter les investissements consacrés à la petite enfance ;
- améliorer l’accès à des services intégrés de santé et de protection sociale ;
- développer les compétences des travailleurs du secteur ;
- favoriser l’inclusion des populations vulnérables ;
- renforcer la coopération régionale et le partage des connaissances.
Les participants se sont également engagés à améliorer le suivi des programmes et à renforcer la coordination entre les gouvernements, les partenaires techniques et les communautés locales.
À travers cette déclaration, les États et partenaires régionaux souhaitent accélérer les investissements dans la nutrition et le développement des enfants afin de renforcer durablement le capital humain en Afrique de l’Ouest et du Centre.
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