Le Togo maintient pour l’instant ses prix à la pompe malgré la flambée mondiale du pétrole provoquée par les tensions au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz. Alors que plusieurs pays ouest-africains ont déjà revu leurs tarifs à la hausse, Lomé continue de soutenir les consommateurs grâce à un mécanisme de subvention qui devient de plus en plus coûteux pour les finances publiques.
Depuis le déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran à la fin du mois de février, le marché pétrolier international connaît une forte instabilité. Le prix du baril de Brent, qui se situait autour de 70 dollars avant la crise, a dépassé les 120 dollars en mars avant de se stabiliser au-dessus des 100 dollars ces dernières semaines.
Cette hausse a poussé plusieurs États de la sous-région à ajuster les prix du carburant. Le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Nigeria ont tous augmenté leurs tarifs afin de limiter l’impact budgétaire des subventions publiques.
Au Nigeria, la raffinerie Dangote, pourtant considérée comme un levier stratégique pour réduire les coûts énergétiques du pays, a elle aussi répercuté la hausse du brut sur ses prix de vente. Le litre d’essence y coûte désormais près du double de son niveau du début d’année.
Même le Sénégal, récemment devenu producteur de pétrole grâce au champ offshore de Sangomar, pourrait être contraint de revoir ses prix administrés. Les autorités sénégalaises ont reconnu que maintenir durablement les subventions dans le contexte actuel devient de plus en plus difficile.
Au Togo, le maintien des prix à 680 FCFA pour l’essence et 695 FCFA pour le gasoil exerce une pression croissante sur le budget de l’État. La loi de finances 2026 avait déjà prévu une réduction importante des subventions pétrolières, passées de 25 milliards FCFA en 2025 à 14,2 milliards cette année.
Cette politique budgétaire s’inscrit dans le cadre des engagements pris avec le Fonds monétaire international (FMI), qui demande au pays de réduire progressivement son déficit public afin de respecter les critères de convergence de l’UEMOA.
Au-delà du carburant, les conséquences économiques du conflit se font également sentir sur les marchés agricoles. Le blocage du détroit d’Ormuz perturbe les exportations d’engrais en provenance des pays du Golfe, entraînant une flambée des prix de l’urée et d’autres intrants essentiels pour les cultures de maïs, de riz et de coton.
Cette situation pourrait provoquer une nouvelle poussée inflationniste dans les prochains mois, notamment sur les produits alimentaires. Les ménages togolais, déjà fragilisés par les précédentes hausses des prix, risquent d’être confrontés à une augmentation du coût de la vie.
Face à cette pression, la question n’est plus de savoir si les prix du carburant augmenteront au Togo, mais plutôt quand et sous quelle forme. Les autorités devront choisir entre maintenir un soutien généralisé coûteux ou réformer le système de subventions afin de mieux cibler les populations les plus vulnérables.
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