Le Togo poursuit ses efforts pour sécuriser son approvisionnement en gaz naturel en renforçant sa coopération avec le Bénin et la Côte d’Ivoire. Le 17 juillet 2026, les trois pays ont participé à une table ronde ministérielle consacrée au développement du secteur gazier en Afrique de l’Ouest, avec l’appui du Groupe de la Banque mondiale.
Cette rencontre fait suite au Sommet régional sur le gaz organisé à Abidjan en décembre 2025. Elle vise à accélérer les investissements dans les infrastructures énergétiques et à améliorer la sécurité de l’approvisionnement en gaz dans la sous-région.
Le gaz naturel joue un rôle essentiel dans la production d’électricité des trois pays. Au Togo, il représente environ 71 % de la production électrique, contre 76 % au Bénin et 75 % en Côte d’Ivoire. Cette forte dépendance pousse les États à rechercher des solutions communes afin de répondre à une demande énergétique appelée à croître au cours des prochaines années.
Aujourd’hui, le principal moyen d’approvisionnement reste le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (WAGP), qui transporte le gaz nigérian vers le Bénin, le Togo et le Ghana. Toutefois, les capacités opérationnelles de cette infrastructure deviennent insuffisantes face aux besoins futurs, ce qui encourage les pays à explorer de nouvelles alternatives.
Les discussions ont notamment porté sur le projet PRIME-GAS, récemment approuvé par la Banque mondiale. Ce programme prévoit le développement des marchés nationaux du gaz, le renforcement des cadres réglementaires et l’amélioration des échanges énergétiques entre les trois pays.
L’un des principaux axes du projet concerne l’importation conjointe de gaz naturel liquéfié (GNL). En regroupant leurs commandes, le Togo, le Bénin et la Côte d’Ivoire pourraient négocier de meilleures conditions commerciales et réduire leurs coûts d’approvisionnement.
Le Togo étudie depuis plusieurs années la possibilité d’accueillir des installations de stockage et de regazéification du GNL. Cette option pourrait compléter les approvisionnements assurés par les gazoducs terrestres et renforcer la sécurité énergétique du pays.
Les ministres ont également examiné le programme AGILE, une nouvelle initiative de la Banque mondiale destinée à soutenir les investissements dans les infrastructures gazières et les interconnexions énergétiques grâce à des financements, des garanties et une assistance technique.
Cette réunion intervient quelques jours après la signature à Lomé de plusieurs projets soutenus par la Banque mondiale, dont deux concernent directement les secteurs de l’électricité et du gaz naturel.
Par ailleurs, les dirigeants de la CEDEAO ont signé, le 19 juillet à Freetown, l’accord intergouvernemental encadrant le futur Gazoduc africain atlantique. Ce projet de près de 6 800 kilomètres reliera le Nigeria au Maroc en traversant treize pays, dont le Togo.
Prévu pour transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, ce corridor énergétique pourrait devenir, à terme, une nouvelle source d’approvisionnement stratégique pour le Togo, aux côtés du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest et des futures importations de gaz naturel liquéfié.
Be the first to leave a comment