La question de la structuration des cabinets au sein des universités publiques refait surface, après une note du ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, affirmant que les présidents d’université ne peuvent pas créer de nouveaux services ou nommer leurs responsables sans son autorisation préalable.
Selon le ministre, toute initiative de ce type doit respecter les procédures fixées par les textes réglementaires. Une position qui suscite toutefois des réserves, au regard de l’évolution historique de l’organisation administrative des universités togolaises.
À l’Université de Lomé, le débat n’est pas nouveau. Dès la présidence du Professeur Théodore Nicoué Lodjou Gayibor (2003-2006), un Cabinet avait été institué pour accompagner les réformes académiques, avec la Professeure Isabelle Adolé Glitho comme Chef de Cabinet. Son successeur, le Professeur Koffi Ahadzi-Nonou, avait choisi de supprimer cette structure.
Par la suite, le Professeur Messanvi Gbeassor n’avait pas modifié cette organisation. Il faudra attendre la présidence du Professeur Komla Dodzi Kokoroko (2016-2023) pour que le Cabinet soit réactivé, avec la nomination successivement de Dr Pyabalo Nabede, puis de Dr Kodjo Sosoe. Sous son mandat, l’Université de Lomé a engagé des transformations majeures, rendues possibles notamment grâce à une structuration interne renforcée.
Arrivé à la tête de l’institution en 2023, le Professeur Adama Kpodar avait quant à lui remplacé le poste de Directeur de Cabinet par celui d’assistante particulière du Président, confié à Dr Pounawèlè Sondo, entourée d’une équipe de conseillers spécialisés. Une configuration qui remplissait pratiquement les mêmes fonctions qu’un cabinet classique.
Il faut également noter que les vice-présidents disposent eux-mêmes de services administratifs dédiés, tout comme le Secrétariat général. Dans les faits, chaque président a donc toujours ajusté l’organisation interne selon sa vision et les besoins liés à ses missions.
Dans ce contexte, la question se pose : le Professeur Kossivi Hounake, actuel Président de l’Université de Lomé, a-t-il la latitude d’organiser son cabinet ? L’historique semble indiquer que cette marge d’action a longtemps été reconnue dans la pratique.
La note ministérielle gagnerait ainsi à être clarifiée afin d’éviter les interprétations contradictoires ou les usages politiques. Le ministre délégué en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Professeur Gado Tchangbedji, est appelé à jouer un rôle de conseiller objectif pour harmoniser les positions, tout en tenant compte de l’autonomie administrative et financière des universités.
En cette période d’installation de la Ve République, certains estiment qu’il serait regrettable de privilégier les querelles institutionnelles au détriment de l’efficacité et de la stabilité des établissements publics.