Créé en 1973 à la suite des grandes sécheresses qui ont touché le Sahel, le Comité permanent Inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) célèbre plus de cinquante ans d’engagement en faveur du développement durable, de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
L’organisation réunit aujourd’hui 13 États membres, dont le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Tchad et le Cap-Vert. Au fil des années, son rôle s’est élargi pour répondre aux nouveaux défis liés au climat, à l’agriculture et à la gestion des ressources naturelles.
Initialement chargé de lutter contre les effets de la sécheresse et de la désertification, le CILSS intervient désormais dans plusieurs domaines, notamment la sécurité alimentaire, la nutrition, la gestion durable des ressources naturelles, le développement agricole, la maîtrise de l’eau et le renforcement de la résilience des populations face aux changements climatiques.
L’institution accompagne également les États membres dans l’élaboration de politiques régionales, le partage d’expertise scientifique et technique, ainsi que la collecte et l’analyse de données sur la sécurité alimentaire. Elle contribue aussi au renforcement des capacités des administrations, des producteurs et des acteurs du secteur privé.
Parmi ses principales réalisations figure le Cadre Harmonisé, devenu un outil de référence pour évaluer les risques d’insécurité alimentaire dans la région. Le CILSS coordonne également le dispositif régional de Prévention et Gestion des Crises (PREGEC) ainsi que le Réseau de Prévention des Crises Alimentaires (RPCA), qui permettent d’anticiper les crises alimentaires et de mieux organiser les réponses.
L’organisation s’appuie sur deux institutions spécialisées : le Centre régional AGRHYMET, basé à Niamey, qui travaille sur le climat, les ressources en eau et l’agroécologie, ainsi que l’Institut du Sahel (INSAH), installé à Bamako, spécialisé dans la recherche agricole et environnementale.
Sur le terrain, le CILSS a conduit plusieurs programmes régionaux, dont le Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS). Entre 2014 et 2022, la première phase a permis la réalisation de nombreux ouvrages hydrauliques, l’aménagement de milliers d’hectares de terres irriguées et la restauration de vastes superficies de terres dégradées dans plusieurs pays de la région.
La deuxième phase du programme, lancée en 2024 et élargie à neuf pays, dont le Togo, ambitionne d’améliorer les conditions de vie de plus de 900 000 bénéficiaires d’ici 2027 grâce à des investissements dans l’agriculture, la gestion de l’eau et la résilience climatique.
Pour les responsables du CILSS, l’une des principales forces de l’organisation réside dans sa capacité à rassembler les États, les institutions régionales, les centres de recherche, les partenaires techniques et financiers ainsi que la société civile autour d’objectifs communs. L’institution entend poursuivre cette dynamique afin de faire du développement agricole et pastoral un levier de croissance durable, d’intégration régionale et de prospérité partagée.
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