En marge de la 23e Assemblée générale annuelle de l’Association des régulateurs de télécommunications de l’Afrique de l’Ouest, prévue le 22 avril 2026 à Lomé, des tables rondes préparatoires se sont tenues deux jours plus tôt à l’Hôtel 2 Février. Les discussions ont porté sur les leviers permettant d’accélérer le déploiement du haut débit en Afrique, avec un accent particulier sur les mécanismes de financement et les partenariats public-privé. L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes du Togo, organisatrice de l’événement, était représentée par son directeur général, Yaovi Galley.
Un déficit d’infrastructures persistant
Les échanges ont mis en évidence un constat partagé : le manque de financement limite fortement le développement des infrastructures numériques sur le continent. Ce déficit se traduit directement par un accès encore restreint à Internet. Selon les données de la GSMA, seuls 29 % des habitants d’Afrique subsaharienne étaient connectés en 2023, tandis qu’une grande partie des zones rurales reste mal couverte.
Cette situation freine l’essor de services essentiels comme l’éducation en ligne, la télémédecine ou encore les services financiers numériques. En cause, des coûts d’investissement particulièrement élevés, notamment pour le déploiement de la fibre optique ou des infrastructures de nouvelle génération.
Des contraintes économiques et territoriales
Au-delà des coûts, les opérateurs sont confrontés à des défis liés à la rentabilité. Les zones rurales, souvent peu densément peuplées, offrent des perspectives de retour sur investissement limitées. Cette réalité réduit l’intérêt des investisseurs privés et accentue les inégalités d’accès.
Pour y remédier, plusieurs sources de financement sont mobilisées. Les États interviennent à travers des budgets publics, des subventions ou des fonds d’accès universel. Le secteur privé, de son côté, apporte des capitaux, développe des infrastructures et met en œuvre des modèles comme les partenariats ou les coentreprises. Les institutions internationales, telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou la Société financière internationale, contribuent également via des financements et des appuis techniques.
Le partenariat public-privé comme solution clé
Les participants ont souligné que le modèle le plus efficace repose sur une collaboration étroite entre les secteurs public et privé. Dans ce schéma, les entreprises assurent les investissements et l’innovation, tandis que les pouvoirs publics créent un environnement favorable et soutiennent les zones non rentables.
Le partenariat public-privé (PPP) apparaît ainsi comme un outil stratégique pour partager les risques, réduire les coûts et accélérer le déploiement des infrastructures. La mutualisation des équipements et le partage des réseaux ont également été présentés comme des solutions efficaces pour optimiser les investissements.
Vers une meilleure coordination régionale
À l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, les intervenants ont insisté sur la ضرورة d’une coordination renforcée entre les États. L’harmonisation des cadres réglementaires et le développement d’infrastructures communes, notamment les câbles sous-marins, sont essentiels pour améliorer la connectivité régionale.
Sous l’impulsion de l’ARTAO, l’objectif est d’atteindre une couverture numérique plus inclusive d’ici 2030. Cela implique une mobilisation conjointe des gouvernements, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers.
Parmi les recommandations formulées figurent la mise en place de cadres réglementaires attractifs, le recours accru à des financements innovants, le renforcement des PPP, ainsi que le développement des compétences dans le secteur des télécommunications. Le rôle des régulateurs reste central pour garantir un développement équilibré, durable et inclusif du numérique.
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