Le gouvernement togolais a prolongé jusqu’au 20 juin 2026 les candidatures au programme « École de la Chance », destiné aux jeunes filles âgées de 18 à 24 ans sans emploi ou en reconversion professionnelle. Cette décision intervient après une forte mobilisation observée dans plusieurs centres de dépôt de dossiers à travers le pays.
Soutenue par le projet régional SWEDD+, l’initiative ambitionne de former 1 500 jeunes Togolaises dans différents métiers, notamment la couture, la coiffure, la broderie, la mercerie ou encore l’esthétique.
Si le programme suscite un réel intérêt, plusieurs observateurs s’interrogent toutefois sur les perspectives offertes aux bénéficiaires une fois leur formation terminée.
Au Togo, de nombreux jeunes diplômés issus des centres de formation ou des universités peinent encore à accéder à un emploi stable. Malgré les qualifications obtenues, une grande partie d’entre eux se retrouve dans le secteur informel, souvent avec des revenus modestes et peu de garanties économiques.
Dans ce contexte, certains analystes estiment que la formation seule ne suffit plus. Pour eux, l’enjeu principal reste l’insertion professionnelle durable et la création d’opportunités économiques capables d’absorber les jeunes formés.
Faute d’emplois structurés, beaucoup de jeunes se tournent vers l’entrepreneuriat par nécessité. Mais lancer une activité reste difficile dans un environnement marqué par un faible pouvoir d’achat, un accès limité au financement et des charges parfois lourdes pour les petites entreprises.
Plusieurs ateliers et microprojets créés par de jeunes entrepreneurs cessent leurs activités après quelques mois, confrontés à des difficultés de rentabilité et à un marché restreint.
Des spécialistes des questions économiques estiment ainsi qu’une politique de formation doit être accompagnée de mesures favorisant l’accès au crédit, l’allègement fiscal pour les petites unités productives et le développement d’un environnement économique plus favorable aux jeunes entrepreneurs.
Pour de nombreux acteurs sociaux, « École de la Chance » représente néanmoins une initiative importante en faveur de l’autonomisation des jeunes filles. Mais ils rappellent qu’une véritable insertion professionnelle nécessite également un accompagnement durable après la formation afin d’éviter que les attentes suscitées ne se transforment en déception.
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