Dans le transport maritime mondial, un paradoxe persiste : certains ports accumulent des conteneurs vides tandis que d’autres en manquent pour répondre aux besoins des exportateurs. Cette situation, bien connue du secteur, reflète un déséquilibre structurel des échanges internationaux.
Le Port Autonome de Lomé, principal hub à conteneurs d’Afrique subsaharienne, fait face à cette réalité tout en cherchant à en faire un levier de performance logistique. Le phénomène s’explique par une répartition inégale des flux commerciaux : les pays qui importent davantage qu’ils n’exportent, comme plusieurs États d’Afrique de l’Ouest, se retrouvent avec un excédent de conteneurs vides.
Pour maintenir la fluidité du commerce, les compagnies maritimes doivent organiser le repositionnement de ces conteneurs vers des zones où la demande est forte. Cette opération représente entre 15 % et 25 % des coûts logistiques, ce qui en fait un enjeu majeur pour la compétitivité du secteur.
Des solutions logistiques adaptées
Au Port de Lomé, plusieurs stratégies sont mises en œuvre pour optimiser la gestion des conteneurs vides.
La première est le Street Turn (ou interchange). Cette méthode consiste à transférer directement un conteneur vide d’un importateur vers un exportateur local, sans passer par le port. Elle permet de réduire les trajets inutiles, les coûts de transport et l’empreinte carbone.
La seconde approche repose sur le leasing de conteneurs. Les armateurs louent leurs équipements auprès de sociétés spécialisées, ce qui leur permet de mieux ajuster l’offre à la demande à l’échelle mondiale. Ce modèle « asset-light » améliore la flexibilité et limite les immobilisations coûteuses.
Une gestion intégrée et digitalisée
Au-delà de ces solutions, le port applique un processus rigoureux de gestion des conteneurs. Chaque unité est inspectée à son retour, réparée si nécessaire selon les normes internationales, puis remise en circulation. Cette démarche garantit un parc fiable et conforme aux exigences des opérateurs.
Par ailleurs, le port s’appuie sur des systèmes numériques avancés pour suivre en temps réel les mouvements des conteneurs, anticiper les besoins et optimiser les flux logistiques. Cette digitalisation renforce son efficacité opérationnelle et sa capacité d’adaptation.
Un enjeu stratégique pour la région
Pour le Port Autonome de Lomé, la gestion des conteneurs vides dépasse la simple logistique. Elle constitue un élément clé de sa compétitivité et de son ambition de devenir une référence portuaire en Afrique.
Avec un objectif de 2,7 millions d’EVP à l’horizon 2027 et un rôle central dans l’approvisionnement des pays enclavés du Sahel, la maîtrise de ces flux est essentielle. Elle conditionne non seulement la performance du port, mais aussi la fluidité du commerce régional et international.
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