Le gouvernement togolais a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de financement du développement en adoptant, le 8 juillet 2026, un projet de loi portant création d’une Caisse des dépôts et consignations (CDC). Cette future institution publique aura pour mission de mobiliser l’épargne nationale afin de soutenir le financement de projets structurants et de favoriser les investissements à long terme.
Conçue comme un organisme de confiance, la CDC sera chargée de recevoir et de sécuriser différents types de fonds, notamment les consignations administratives et judiciaires, les cautionnements ainsi que certaines ressources publiques et privées. Ces capitaux seront ensuite investis dans des projets destinés à accompagner le développement économique du pays.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par la diminution des financements internationaux et des conditions plus exigeantes sur les marchés financiers. Face à cette situation, les autorités souhaitent renforcer la mobilisation des ressources internes afin de réduire la dépendance aux financements extérieurs et d’accélérer la réalisation des grands projets nationaux.
À l’issue du Conseil des ministres, le président Faure Gnassingbé a souligné que cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes économiques engagées pour améliorer l’attractivité du Togo et créer un environnement plus favorable aux investissements.
Le projet togolais s’inspire d’un modèle largement adopté dans plusieurs pays. La première Caisse des dépôts a été créée en France en 1816 afin de gérer l’épargne protégée et de financer des investissements de long terme. En Afrique, plusieurs États disposent déjà d’institutions similaires, notamment le Maroc, dont la Caisse de dépôt et de gestion est aujourd’hui l’une des plus importantes du continent. Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Congo ont également mis en place leur propre caisse au cours des dernières années.
Pour de nombreux spécialistes, la réussite de la future CDC dépendra principalement de son mode de gouvernance. Son efficacité reposera sur sa capacité à fonctionner de manière autonome, avec une gestion transparente des ressources, afin d’éviter qu’elle ne devienne un simple instrument de financement du Trésor public. Cette question de l’indépendance institutionnelle devrait faire partie des principaux sujets examinés lors des débats parlementaires.
Au cours de la même réunion, le gouvernement a également adopté un projet de loi visant à moderniser les juridictions commerciales et annoncé l’organisation, le 3 septembre prochain à Lomé, d’une conférence consacrée aux partenariats public-privé (PPP). Ces initiatives s’inscrivent dans la volonté des autorités de renforcer le climat des affaires et de stimuler les investissements.
Le projet de loi relatif à la création de la Caisse des dépôts et consignations sera désormais soumis à l’Assemblée nationale. Son adoption permettra de lancer officiellement cette nouvelle institution financière appelée à jouer un rôle stratégique dans le financement du développement du Togo.
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