Les attaques meurtrières du 25 avril 2026 au Mali, ayant coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara, relancent avec force le débat sur la sécurité au Sahel. Pour Nathaniel Olympio, porte-parole du front « Touche pas à ma Constitution », cette crise doit pousser la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel (AES) à dépasser leurs différends afin de construire une réponse commune face au terrorisme grandissant dans la région.
Dans une tribune, l’opposant togolais estime que la situation actuelle révèle les limites des approches isolées. Il critique notamment le silence des autorités togolaises après les attaques contre le Mali, alors même que Lomé venait de présenter sa stratégie diplomatique sur le Sahel.
Selon Nathaniel Olympio, le Togo tente de se présenter comme un médiateur entre la CEDEAO et l’AES, mais cette posture cacherait surtout des préoccupations politiques internes. Il considère que la crise sécuritaire sahélienne exige une véritable coopération régionale et non des initiatives diplomatiques menées en solitaire.
L’opposant appelle également la CEDEAO à adopter une attitude plus ouverte envers le Burkina Faso, le Mali et le Niger, qui ont quitté l’organisation sous-régionale. Pour lui, la priorité ne doit pas être le retour immédiat de ces pays au sein de la CEDEAO, mais plutôt la mise en place d’une stratégie commune contre le terrorisme.
Nathaniel Olympio souligne que les attaques du 25 avril doivent servir de déclencheur pour rapprocher les États d’Afrique de l’Ouest. Il invite les dirigeants régionaux à abandonner les tensions liées au projet d’intervention militaire envisagé autrefois au Niger après le renversement du président Mohamed Bazoum.
Dans sa réflexion, il insiste sur la nécessité d’une approche africaine, sans arrogance ni humiliation. Selon lui, le dialogue avec les pays de l’AES doit être mené avec prudence et respect afin de construire une coopération durable sur les questions sécuritaires.
La tribune évoque également l’importance d’associer la Mauritanie et l’Algérie aux efforts de stabilisation du Sahel. Nathaniel Olympio rappelle que l’Algérie a longtemps joué un rôle clé dans la gestion des crises maliennes et estime qu’une coordination élargie renforcerait la lutte contre les groupes armés.
L’opposant met aussi en garde contre les influences étrangères dans la région. Il estime que la France cherche encore à préserver son influence en Afrique de l’Ouest malgré le recul de sa présence au Sahel, tandis que la Russie développe progressivement son poids économique et sécuritaire.
Nathaniel Olympio s’inquiète enfin d’une possible aggravation de la menace terroriste. Il souligne que les alliances entre groupes armés, notamment entre le JNIM et certains mouvements touaregs, pourraient favoriser une extension de l’insécurité à plusieurs pays côtiers de la sous-région.
Pour lui, aucun État ouest-africain ne peut faire face seul à cette menace. Seule une coopération régionale impliquant tous les pays concernés permettra de préserver durablement la stabilité et la souveraineté des États.
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