Dans un contexte marqué par une montée des incertitudes économiques en Afrique, la gestion des risques s’impose progressivement comme un levier essentiel pour les institutions financières et les entreprises. À Lomé, cette problématique a été au cœur des échanges lors des Risk & Resilience Days organisés le 16 avril 2026 par AMRAT, en partenariat avec FINCONNECT FINANCIAL SOLUTIONS.
À cette occasion, le président de l’AMRAT, Khalid Yacoubou Boukari, a insisté sur la nécessité pour les entreprises d’intégrer pleinement la fonction de gestion des risques. Selon lui, toute organisation devrait disposer d’un responsable dédié afin d’anticiper et de mieux gérer les menaces potentielles.
L’initiative vise à créer un cadre d’échanges entre dirigeants de banques, assureurs, experts et acteurs économiques autour des risques émergents. Elle ambitionne également de promouvoir une approche globale et structurée de leur gestion, tout en rendant plus visible le rôle du risk manager, encore peu connu dans de nombreux environnements professionnels.
La démarche repose sur une approche proactive : identifier les risques en amont, les analyser, puis mettre en place des mécanismes de réponse avant même qu’ils ne se matérialisent. Cette logique permet de limiter les impacts négatifs et d’assurer une meilleure résilience des organisations.
Les discussions ont notamment mis en lumière plusieurs risques émergents majeurs : instabilité politique et sécuritaire, multiplication des cyberattaques, ainsi que les effets du changement climatique. Ces derniers, de plus en plus fréquents, obligent les entreprises et les assureurs à revoir leurs modèles d’évaluation et de prévision.
Au-delà du secteur financier, l’AMRAT entend étendre cette culture de la gestion des risques à l’ensemble des activités économiques. Créée officiellement en décembre 2025 après plusieurs années de démarches, l’association souhaite structurer davantage cette fonction dans les entreprises de la sous-région.
Des témoignages d’acteurs du secteur, notamment Guy Martial Awona, ont révélé que la gestion des risques reste encore insuffisamment formalisée dans de nombreuses entreprises en Afrique de l’Ouest. Elle est souvent intégrée de manière informelle aux fonctions financières ou juridiques, ce qui limite la capacité d’anticipation et expose davantage les organisations aux crises.
Dans cette optique, le plaidoyer pour généraliser le rôle de risk manager prend tout son sens, afin de renforcer la résilience des entreprises face aux chocs économiques et environnementaux.
De son côté, Dr José Symenouh, président de la CCI-Togo, a souligné trois priorités pour maximiser l’impact des actions engagées : encourager la réflexion stratégique adaptée aux réalités locales, renforcer la formation en gestion des risques, et développer des réseaux professionnels solides pour favoriser la collaboration.
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