Les autorités togolaises ont intensifié leur campagne de sensibilisation auprès des acteurs du secteur de la pêche en vue du respect du repos biologique, une mesure appliquée dans les pays du Golfe de Guinée pour préserver les ressources halieutiques et favoriser le renouvellement des espèces marines.
Lors d’une rencontre organisée le 16 juin 2026, les responsables du secteur ont rappelé l’importance de cette période de suspension temporaire des activités de pêche. L’objectif est de permettre aux poissons de se reproduire et aux jeunes espèces de se développer dans des conditions favorables, contribuant ainsi à la reconstitution des stocks marins.
Selon Ali Domitani, directeur de la production halieutique, cette période correspond à une phase cruciale du cycle de vie des espèces aquatiques. Le respect du repos biologique est donc considéré comme une étape essentielle pour garantir la durabilité des ressources marines et préserver l’avenir de la pêche.
Cette initiative intervient alors que le Togo fait face à un important déficit entre la consommation nationale de produits halieutiques et la production locale. Les besoins du pays dépassent chaque année les 100 000 tonnes, tandis que la production nationale ne couvre qu’une partie de cette demande.
Les autorités attribuent cette situation à plusieurs facteurs qui fragilisent les ressources marines. Parmi eux figurent la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, la surexploitation des stocks, l’utilisation d’équipements destructeurs, ainsi que les effets du changement climatique et de la dégradation des écosystèmes marins.
Les problèmes de pollution et la perte progressive de biodiversité contribuent également à la baisse des ressources disponibles, compliquant davantage les efforts de développement du secteur.
Au-delà de son importance environnementale, la pêche joue un rôle majeur dans l’économie togolaise. Le poisson représente une source essentielle de protéines pour une grande partie de la population et constitue un moyen de subsistance pour des milliers de familles.
Les prévisions officielles indiquent que la production halieutique nationale pourrait atteindre près de 34 000 tonnes en 2026. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, cette production demeure insuffisante pour répondre à la demande intérieure, ce qui maintient une forte dépendance aux importations.
Afin d’améliorer l’autosuffisance du pays dans ce domaine, le gouvernement a élaboré un programme de développement de la filière poisson. Ce plan quinquennal prévoit des investissements estimés à près de 20 milliards de francs CFA.
Le projet vise notamment à renforcer les capacités de l’aquaculture, soutenir la recherche halieutique et améliorer l’organisation des différents acteurs intervenant dans la chaîne de valeur du secteur.
Les autorités espèrent que ces initiatives permettront d’accroître la production locale tout en assurant une exploitation durable des ressources marines.
Le secteur halieutique demeure un pilier important de l’économie nationale. Il emploie directement plus de 22 000 personnes et contribue à environ 4,5 % du produit intérieur brut du pays. La pêche artisanale, qui représente la majorité de la production nationale, continue d’occuper une place centrale dans l’approvisionnement du marché togolais en produits de la mer.
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