Le bassin du Mono, partagé entre le Togo et le Bénin, va bénéficier d’un financement d’un million d’euros, soit près de 656 millions de FCFA, destiné à renforcer la gestion durable de ses ressources en eau. Ce soutien financier sera accordé par la Banque africaine de développement (BAD) à travers la Facilité africaine de l’eau (FAE), sous réserve de l’approbation de son Conseil d’administration.
Cette initiative vise à préparer une nouvelle génération de projets dans le secteur de l’eau afin de favoriser des investissements plus importants au cours des prochaines années. Le financement permettra notamment d’élaborer un Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) ainsi qu’un plan d’investissement pour le bassin transfrontalier.
Le projet prévoit également la réalisation d’un programme de mesures et d’une évaluation environnementale stratégique. Ces documents serviront de référence pour orienter les politiques de gestion de l’eau au Togo et au Bénin et faciliter la mobilisation de financements auprès de partenaires internationaux tels que la BAD, l’Union européenne, le Fonds vert pour le climat, l’Agence française de développement et d’autres institutions financières.
Sur l’enveloppe totale, 700 000 euros seront accordés sous forme de don par la Facilité africaine de l’eau. Les 300 000 euros restants seront mobilisés par l’Autorité du Bassin du Mono (ABM), avec la contribution des gouvernements togolais et béninois.
L’objectif principal est de constituer un portefeuille de projets solides et techniquement préparés afin d’attirer des financements destinés au développement d’infrastructures hydrauliques, de systèmes d’irrigation, d’approvisionnement en eau potable, de production hydroélectrique ainsi que d’initiatives de restauration des écosystèmes.
Le plan d’investissement définira une stratégie progressive de financement, avec des projets à court, moyen et long terme. Les interventions concerneront notamment l’assainissement, la gestion des risques climatiques, la protection des ressources naturelles et le renforcement de la résilience des populations face aux effets du changement climatique.
Créée en 2014, l’Autorité du Bassin du Mono assure la coordination de la gestion de ce bassin transfrontalier d’environ 24 300 km², dont près de 88 % se trouvent sur le territoire togolais. Traversé par un fleuve long de 467 kilomètres, le bassin constitue une ressource essentielle pour l’agriculture, la pêche, l’alimentation en eau potable, l’irrigation et la production d’électricité, notamment grâce au barrage de Nangbéto.
Cependant, cette zone est confrontée à plusieurs défis environnementaux, notamment les inondations, les périodes de sécheresse, la déforestation, la pollution des ressources en eau et les effets du changement climatique, qui menacent son équilibre écologique.
Ce nouveau programme s’inscrit dans la continuité des actions engagées par le Togo et le Bénin pour renforcer leur coopération dans la gestion intégrée des ressources en eau. En 2025, les deux pays avaient déjà lancé, avec l’appui de l’Union européenne, un projet régional visant à identifier les infrastructures prioritaires et à améliorer la gouvernance du bassin.
En complément des études techniques, deux projets pilotes seront également mis en œuvre. Au Togo, les interventions porteront sur la restauration des écosystèmes dégradés dans le sous-bassin de l’Amou grâce à des solutions fondées sur la nature. Au Bénin, les actions seront consacrées à la lutte contre les plantes aquatiques envahissantes dans le lac Djétoé.
Ces initiatives serviront de projets de démonstration avant le déploiement d’investissements de plus grande ampleur sur l’ensemble du bassin du Mono, avec pour ambition de garantir une gestion durable des ressources en eau au bénéfice des populations des deux pays.
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