L’économiste togolais Kako Nubukpo a exprimé son soutien au modèle de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), qu’il considère comme un exemple concret d’industrialisation adaptée aux réalités africaines. Il s’est exprimé à Nairobi en marge du sommet Africa Forward, organisé sous la coprésidence du président français Emmanuel Macron et du président kényan William Ruto.
Ancien ministre, ancien commissaire de l’UEMOA et actuel directeur de l’Observatoire de l’Afrique subsaharienne à la Fondation Jean-Jaurès, Kako Nubukpo estime que les plateformes industrielles comme la PIA au Togo ou Glo-Djigbé au Bénin illustrent une stratégie efficace de développement économique fondée sur ce qu’il appelle le « protectionnisme éducatif ».
Selon lui, les pays africains doivent protéger certains secteurs stratégiques afin de construire progressivement une base industrielle solide et compétitive. L’économiste rappelle que plusieurs grandes puissances économiques ont suivi cette approche avant de devenir des économies développées.
Mise en service en juin 2021 dans le cadre du Plan national de développement, la Plateforme industrielle d’Adétikopé couvre une superficie de 400 hectares et accueille déjà une vingtaine d’entreprises industrielles.
La zone industrielle a connu une nouvelle étape importante en juin 2025 avec l’inauguration de l’usine textile Star Garments, premier site africain du groupe américain Charles Komar & Sons. Ce projet, soutenu par la Société financière internationale (SFI), représente un investissement estimé à 13 milliards de FCFA.
À terme, la PIA ambitionne de créer environ 25 000 emplois directs et de renforcer la transformation locale des matières premières.
Pour Kako Nubukpo, l’industrialisation de l’Afrique passe par plusieurs leviers essentiels, notamment la réduction des coûts énergétiques, l’accès aux matières premières et le développement d’infrastructures adaptées. Il considère également que l’agro-industrie représente un secteur prioritaire pour les économies ouest-africaines, où une grande partie de la population vit encore de l’agriculture.
L’économiste a aussi salué les actions de l’Agence de transformation agricole (ATA), opérationnelle au Togo depuis 2023. Cette structure pilote le Programme de modernisation de l’agriculture au Togo (ProMAT 2025-2034), financé à hauteur de 300 millions de dollars par la Banque mondiale.
Depuis son lancement, l’ATA a déjà accompagné plus de 10 000 producteurs agricoles dans une centaine de cantons à travers le pays.
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