Alors que le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, multiplie les déplacements et interventions sur la paix en Afrique, plusieurs voix critiques estiment que la situation politique interne demeure préoccupante.
Dans une tribune relayée par François Fabregat dans Le Club de Mediapart, certains dénoncent notamment la détention prolongée de prisonniers politiques présumés et critiquent ce qu’ils considèrent comme un climat défavorable aux libertés publiques. Plusieurs détenus auraient d’ailleurs entamé une grève de la faim pour protester contre leur situation, selon ces mêmes sources.
Pour ces opposants, le contraste entre l’activisme diplomatique du chef de l’État — très présent dans les forums et conférences consacrés à la paix — et les tensions politiques internes serait particulièrement frappant. Ils reprochent au président de se consacrer davantage à la scène internationale qu’à la résolution des enjeux nationaux, dans un contexte marqué depuis les années 1990 par des crises politiques récurrentes.
Les critiques soulignent également les changements constitutionnels récents, estimant qu’ils renforcent encore la concentration du pouvoir. Ils rappellent que l’élection présidentielle directe a été supprimée au profit d’un système où le président du Conseil est désigné par le Parlement.
Plusieurs comparaisons sont faites avec d’anciens dirigeants africains reconnus pour leur rôle dans des transitions démocratiques, tels qu’Amadou Toumani Touré au Mali ou Olusegun Obasanjo au Nigeria. Ces figures, saluées pour leur action en faveur du dialogue et de la médiation, sont mises en parallèle avec la posture actuelle du dirigeant togolais, jugée par certains comme contradictoire.
Faure Gnassingbé participe régulièrement à des initiatives diplomatiques, comme la conférence sur la paix dans les Grands Lacs à Paris en octobre 2025. Il a également été annoncé comme médiateur de l’Union africaine pour la République démocratique du Congo, une nomination qui suscite des réactions contrastées parmi ses détracteurs.
Pour ces derniers, cette visibilité internationale ne reflète pas, selon eux, la situation politique intérieure, qu’ils jugent marquée par des tensions persistantes, des arrestations contestées et un manque de réformes profondes. Ils appellent à une gouvernance plus inclusive, à un meilleur respect des libertés, et à un dialogue national permettant d’apaiser durablement la scène politique togolaise.