Une stratégie ambitieuse pour verdir l’industrie lourde
Lomé a franchi une étape majeure dans sa lutte contre le changement climatique. Le gouvernement a annoncé ce dimanche sa volonté d’amorcer une transition bas-carbone de l’industrie du ciment, l’un des secteurs les plus polluants au monde.
Ce virage stratégique intervient en partenariat avec les trois cimenteries nationales, autour d’un objectif clair : réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre (GES).
« C’est un tournant décisif dans la relation entre l’État et l’industrie », a affirmé Méry Yaou, directeur de l’Environnement, sur les ondes de la radio nationale.
Moins de clinker, plus d’innovation
Le plan repose sur deux axes principaux.
Le premier axe vise à réduire la part de clinker – ingrédient essentiel mais hautement émetteur de CO₂ – dans la fabrication du ciment.
Le Togo prévoit de généraliser l’usage du ciment LC3, un matériau innovant composé d’argile calcinée et de calcaire, déjà expérimenté avec succès dans plusieurs pays. Ce procédé pourrait réduire les émissions jusqu’à 40 %, tout en conservant les performances mécaniques du produit.
D’ici 2050, la teneur en clinker dans le ciment togolais devrait passer de 65 % à 40 %, à condition d’adapter les normes nationales, comme l’a fait le Ghana.
Des combustibles alternatifs pour remplacer le charbon
Le deuxième levier de la transition repose sur l’introduction de combustibles alternatifs. L’idée est de substituer progressivement le charbon par des déchets agricoles ou municipaux, à l’image de l’Ouganda, où certaines cimenteries fonctionnent déjà avec 60 % de résidus végétaux.
Un accompagnement public et financier renforcé
L’État togolais s’engage à soutenir activement les cimentiers dans cette mutation écologique. Cela inclut :
- Le renforcement du cadre réglementaire,
- La facilitation de l’accès au financement climatique, notamment via le Green Climate Fund, qui dispose d’un guichet privé.
Une trajectoire verte pour un Togo plus résilient
Cette stratégie s’inscrit pleinement dans la feuille de route verte du gouvernement. En ciblant un secteur-clé de l’économie, Lomé entend montrer l’exemple d’un développement industriel respectueux du climat et aligné sur les engagements de l’Accord de Paris.
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