Au Togo, une mission parlementaire de Kafui Adjamagbo-Johnson a été interrompue dans des conditions particulièrement tendues, entre contraintes sécuritaires, blocages administratifs et menaces anonymes. La députée affirme avoir été contrainte de mettre fin à sa tournée dans le nord du pays, après une série d’incidents survenus entre Dapaong et Kara.
La responsable politique, également secrétaire générale de la CDPA, reconnaît avoir entrepris une mission à risque en quittant Lomé pour le septentrion. Son objectif était de rencontrer ses électeurs dans le cadre de ses fonctions de contrôle de l’action gouvernementale.
Les difficultés ont débuté à Dapaong, où la délégation est arrivée le 19 mars 2026. Malgré des démarches administratives engagées plusieurs semaines auparavant auprès des autorités compétentes, la coordination sur le terrain s’est révélée défaillante. À leur arrivée, les membres de la délégation ont constaté l’absence du préfet, qui ne les a contactés que plus tard pour fixer un rendez-vous le lendemain.
Le 20 mars, lors de la rencontre à la préfecture, les autorités locales ont indiqué ne pas avoir reçu d’instructions officielles concernant cette visite. Le préfet a alors exigé une autorisation préalable du ministère de la Défense, en invoquant le contexte sécuritaire dans la région des Savanes. Une exigence rejetée par la députée, qui a rappelé que son mandat ne saurait être conditionné à une autorisation de l’exécutif.
À la suite de ce désaccord, les autorités ont ordonné l’expulsion immédiate de la délégation hors de la région. Une proposition de compromis, visant à avancer l’activité prévue au lendemain, a été formulée mais refusée par la députée, qui l’a jugée inappropriée. L’expulsion a alors été exécutée sans délai.
La délégation a été escortée sous forte présence sécuritaire jusqu’à son lieu d’hébergement, avant d’être contrainte de quitter la zone. Selon les témoignages, les déplacements ont été étroitement encadrés par les forces de l’ordre, avec un dispositif comprenant des unités spéciales et une surveillance aérienne. Le convoi a ensuite été accompagné jusqu’à la sortie de la région, avant de se replier vers Atakpamé.
La suite de la mission, prévue à Kara les 23 et 24 mars, n’a finalement pas eu lieu. Malgré des démarches similaires en amont, aucune garantie sécuritaire n’a été fournie par les autorités locales. Les tentatives de contact avec le préfet de la Kozah sont restées sans réponse.
Parallèlement, la députée affirme avoir reçu des appels anonymes lui déconseillant formellement de se rendre à Kara. Face à ces menaces et à l’absence de conditions de sécurité jugées suffisantes, elle a décidé d’annuler le reste de sa tournée.
De retour à Lomé, la responsable politique a estimé que cet épisode soulève des interrogations sur le fonctionnement institutionnel du pays. Elle considère que cette situation constitue un test du système en place, notamment sur la capacité des autorités à garantir l’exercice des missions parlementaires. Selon elle, les événements observés traduisent des limites dans l’expression du contre-pouvoir.