Le 6 juin 2025 à Lomé, une manifestation contre la nouvelle Constitution, la hausse du prix de l’électricité et les arrestations d’opposants a conduit à plusieurs interpellations. Parmi elles, celle de Steeve Rouyar, Français de 44 ans, installé au Togo depuis novembre 2024.
Trois jours après les faits, le parquet de Lomé a confirmé son arrestation, évoquant des accusations de troubles à l’ordre public aggravés et d’atteinte à la sécurité de l’État. Le premier chef d’inculpation, reconnu par l’intéressé, pourrait lui valoir jusqu’à cinq ans de prison. Le second, qu’il conteste, est passible de 20 à 30 ans d’emprisonnement.
Selon le dossier, Rouyar aurait participé à la diffusion de tracts avant d’être arrêté lors du rassemblement. Il est détenu au Service central de recherche et d’investigation criminelle (Scric). Sa famille, qui dit ignorer son degré d’implication, exprime son inquiétude.
Originaire de Guadeloupe, père de deux enfants, Steeve Rouyar est connu pour son engagement politique. Ancien candidat malheureux aux législatives en France sous l’étiquette du Nouveau Front populaire, il s’était fait remarquer par ses prises de position critiques envers Emmanuel Macron, son opposition à la vaccination anti-Covid et son soutien à la cause palestinienne. Ses publications récentes montraient également une sympathie pour les régimes militaires au Mali et au Burkina Faso, ainsi qu’un discours panafricaniste marqué.
Pour ses proches, son installation au Togo répondait avant tout à un projet professionnel : ouvrir un cabinet d’expertise comptable. Mais ses conditions de détention préoccupent fortement sa famille. Selon son père, il serait affaibli, privé de nourriture suffisante et détenu dans un espace surpeuplé.
Les autorités françaises n’ont pas réagi publiquement à cette affaire. Du côté du gouvernement togolais, une source assure que “l’état de droit est respecté” et appelle à laisser la justice suivre son cours. L’opposition, elle, dénonce une répression brutale qui aurait fait sept morts lors des manifestations de juin, contre cinq selon le parquet.