La filière avicole togolaise connaît une croissance soutenue, confirmant son rôle stratégique dans l’économie nationale et la sécurité alimentaire. Selon les données du ministère de l’Élevage, la production a progressé de 36 % en cinq ans, passant de 28 millions à plus de 38 millions de têtes.
Cette évolution remarquable repose majoritairement sur un réseau de petits producteurs, souvent installés en milieu périurbain, dont les capacités de production restent modestes mais en nette amélioration. Aujourd’hui, le secteur compte 54 acteurs majeurs, dont 31 dans la région Maritime, considérée comme le cœur de l’activité avicole nationale.
La filière génère près de 200 000 emplois directs et indirects, contribuant ainsi à la réduction du chômage, en particulier chez les jeunes, et à une meilleure inclusion socio-économique.
Un secteur en croissance, mais sous pression
Malgré ces performances, les producteurs locaux font face à une concurrence étrangère accrue, alimentée par des importations incontrôlées de produits avicoles.
Pour protéger le marché national, les autorités ont instauré un quota minimum de 10 % d’approvisionnement local avant toute importation. Toutefois, la persistance de circuits informels continue de fragiliser le secteur et pose un défi de régulation et de souveraineté alimentaire.
Le renforcement des compétences, moteur du développement
Conscient de ces enjeux, le gouvernement mise sur la formation et le renforcement des capacités techniques des acteurs de la filière.
Le Centre d’Excellence Régional sur les Sciences Aviaires (CERSA), basé à l’Université de Lomé, joue un rôle central dans cette dynamique.
À ce jour, plus de 3 000 techniciens avicoles, 349 titulaires de master et 80 doctorants y ont été formés, devenant des ressources clés pour la modernisation du secteur.
Cette politique ambitieuse vise à positionner durablement la filière avicole comme un levier du développement économique national, tout en assurant la résilience et la souveraineté alimentaire du Togo face aux aléas extérieurs.