« C’est une révolte ? – Non, Sire, c’est une révolution », répondait jadis Louis XVI.
Depuis plus de soixante ans, les Togolais observent les transitions démocratiques de leurs voisins tout en restant prisonniers d’un système verrouillé. Depuis l’assassinat de Sylvanus Olympio, premier président élu, en janvier 1963, et l’arrivée au pouvoir de Gnassingbé Éyadéma en 1967, le pays vit au rythme d’un régime dynastique qui n’a cessé de se prolonger.
Les voisins ont choisi le changement
Au Ghana, Jerry Rawlings a marqué l’histoire. Après un premier coup d’État en 1979 puis un second en 1981, il a entrepris des réformes profondes qui ont ouvert la voie à une démocratie aujourd’hui solide.
Au Mali, la contestation populaire et la répression brutale ont conduit, en mars 1991, à la chute de Moussa Traoré. Le général Amadou Toumani Touré, surnommé « le soldat de la démocratie », organisa une transition qui permit l’élection d’Alpha Oumar Konaré.
Au Bénin, la conférence nationale de février 1990 mit fin aux décennies de plomb de Mathieu Kérékou et engagea le pays sur la voie démocratique. À l’inverse, au Togo, Éyadéma se contenta de concéder des assises nationales en 1991, avant de réprimer violemment l’opposition. Trente-quatre ans plus tard, l’écart entre les deux pays est saisissant : au Bénin, l’ouverture démocratique ; au Togo, la continuité autoritaire.
Les révoltes lointaines, miroir pour le Togo
Aujourd’hui, ailleurs, d’autres peuples continuent de se lever. À Madagascar, depuis le 25 septembre 2025, des manifestations parties de revendications sociales (coupures d’eau et d’électricité) se sont transformées en contestation politique. Sous pression, le président a dû dissoudre son gouvernement.
Ces mouvements rappellent aux Togolais que le changement est toujours possible, même face aux régimes les plus ancrés.
L’espoir d’une génération
Malgré la répression, les arrestations arbitraires et les prisonniers politiques, l’espérance d’un Togo libre demeure. La génération Z, au pays comme dans la diaspora, porte cette flamme grâce à sa détermination et à l’usage des réseaux sociaux.
Aucune dictature, aussi brutale soit-elle, ne peut résister éternellement à un peuple déterminé. L’histoire de la région en est la preuve, et le Togo, tôt ou tard, écrira à son tour une nouvelle page.