Les institutions de microfinance au Togo ont connu une évolution contrastée au deuxième trimestre 2025. D’après les données consolidées de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), les dépôts collectés ont progressé de 11,9 milliards FCFA, soit une hausse de 2,7 %. Cette performance place le pays derrière le Burkina Faso et le Sénégal, mais devant le Bénin et le Niger sur la même période, traduisant une confiance encore solide des épargnants.
En revanche, l’activité de crédit a reculé. L’encours global des prêts a diminué de 7 milliards FCFA, soit une contraction de 1,9 % sur le trimestre. Cette évolution reflète un durcissement des conditions de financement et une plus grande prudence des institutions face aux risques. Dans l’Union monétaire ouest-africaine, seuls le Togo et le Mali affichent une baisse du crédit, alors que la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin enregistrent des hausses allant de 1,6 % à 3,4 %.
Cette retenue s’explique en partie par la détérioration de la qualité du portefeuille de prêts. À fin juin 2025, le taux brut de créances en souffrance atteint 10,9 % au niveau régional, largement au-dessus de la norme communautaire fixée à 3 %. Le Togo compte par ailleurs une institution placée sous administration provisoire, sur un total de dix dans l’ensemble de l’Union.
Malgré ces tensions, la microfinance togolaise continue de jouer un rôle clé dans l’inclusion financière. L’épargne progresse et la base de clientèle s’élargit, confirmant l’importance du secteur pour les ménages et les petites activités économiques. Toutefois, la reprise du crédit et la maîtrise du risque restent les principaux défis pour la seconde moitié de l’année.
Cette situation s’inscrit dans une tendance amorcée dès le premier trimestre 2025. À cette période, les dépôts avaient déjà atteint 436 milliards FCFA, tandis que l’encours des crédits avait fortement reculé. Entre mars et juin, la baisse du crédit s’est poursuivie, mais à un rythme plus modéré, passant de -5,2 % à -1,9 %, alors que l’épargne continuait de croître plus rapidement que l’offre de financement.
Le Togo compte aujourd’hui près de 70 institutions de microfinance, essentielles au financement de proximité. À l’échelle de l’UMOA, le secteur regroupe 527 établissements et près de 19,9 millions de clients, confirmant son poids stratégique dans le paysage financier régional.