Le gouvernement togolais met en avant la place stratégique du port autonome de Lomé (PAL) dans l’économie nationale. Selon les autorités, le port constitue un pilier des échanges commerciaux, des recettes publiques et de l’emploi, grâce aux réformes engagées ces dernières années, à la modernisation des infrastructures et à la digitalisation progressive des procédures.
Cette dynamique est illustrée, selon la communication officielle, par plusieurs distinctions reçues lors des travaux de l’Association de gestion des ports de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (AGPAOC). En novembre 2025, à l’occasion du 45ᵉ Conseil annuel de l’organisation, le port de Lomé a été récompensé pour la diffusion de ses statistiques, ses performances en trafic conteneurs et son activité de transit.
Les autorités rappellent que le PAL avait déjà été distingué en 2023, lors de la 43ᵉ session de l’AGPAOC à Lagos, notamment pour ses résultats en matière de transit et de transbordement, ainsi que pour sa politique de management intégré, attestée par plusieurs certifications ISO. En 2024, à Conakry, de nouvelles distinctions avaient été attribuées au port dans les catégories du trafic de transit et du trafic conteneur.
Des réformes axées sur la fluidité des opérations
Dans leur bilan, les autorités mettent en avant les mesures prises pour simplifier les procédures portuaires. Celles-ci comprennent la digitalisation du quitus portuaire, la mise en place d’un centre d’appels pour orienter les usagers et le lancement, en octobre 2024, de la plateforme numérique Guford. Ces dispositifs visent à réduire les délais administratifs et à faciliter les opérations des acteurs du commerce maritime.
Des performances chiffrées mises en avant
Selon les données officielles, le port autonome de Lomé a traité plus de 30,6 millions de tonnes de marchandises en 2024, soit une hausse de 1,85 % par rapport à l’année précédente. Le transbordement aurait atteint 20,23 millions de tonnes, en progression de 7,11 %, confirmant, selon le gouvernement, le rôle de Lomé comme hub régional.
Le trafic conteneurs s’est établi à 2,06 millions d’EVP, tandis que 1 525 navires ont accosté au port, un volume comparable à celui de 2023. Ces résultats auraient contribué au classement du port de Lomé à la 92ᵉ place mondiale dans l’édition 2025 du classement de Lloyd’s List.
Investissements et ambitions futures
Pour soutenir cette croissance, l’exécutif évoque plusieurs investissements structurants, dont l’approfondissement du chenal d’accès à 18,6 mètres, permettant désormais l’accueil de navires de très grande capacité, jusqu’à 24 000 EVP. Ces travaux s’inscrivent dans un programme évalué à 120 millions d’euros, avec pour objectif de porter la capacité annuelle du port à 2,5 millions d’EVP d’ici 2027.
Un levier central de l’économie nationale
Les autorités soulignent que près de 90 % du commerce extérieur du Togo transite par voie maritime et que les activités portuaires représenteraient environ 75 % des recettes fiscales du pays. Elles estiment également qu’environ 70 % de l’activité économique nationale est liée, directement ou indirectement, au littoral et au port.
Le port autonome de Lomé emploie plus de 6 000 personnes, dont près de 5 000 dockers, auxquels s’ajoutent de nombreux emplois indirects dans la logistique, le transport et les services associés. Pour le gouvernement, le PAL demeure ainsi un outil stratégique et un moteur essentiel du développement économique du Togo.