Le Président du Faso, Capitaine Ibrahim Traoré, a présidé le Conseil des ministres du jeudi 4 septembre 2025. Cette session hebdomadaire a permis d’examiner et d’adopter plusieurs dossiers majeurs inscrits dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire, selon le ministre porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.
Au titre du ministère de l’Économie et des Finances, un projet de loi de finances rectificative a été adopté. Selon le ministre Aboubakar Nacanabo, l’État a enregistré de bonnes performances de recouvrement à mi-parcours de l’année budgétaire 2025.
Cela a permis d’ouvrir 150 milliards FCFA de recettes supplémentaires destinées à financer des dépenses prioritaires, notamment des investissements structurants. Par ailleurs, le Conseil a approuvé une modification du Code général des impôts qui exonère l’aliment poisson de la TVA pour soutenir l’offensive agro-pastorale et halieutique.
Une taxe progressive a aussi été instaurée sur les parcelles non mises en valeur, variant de 750 à 1 000 FCFA par mètre carré selon la zone, avec une augmentation annuelle de 20 %.
Le ministère des Affaires étrangères a obtenu l’adoption d’un décret fixant de nouvelles conditions pour le personnel diplomatique. Ce texte instaure une nouvelle grille salariale, limite la prise en charge des frais de voyage et d’assurance aux seuls agents en poste à l’étranger et supprime la couverture des frais de scolarité.
Le ministre Karamoko Jean Marie Traoré a expliqué que ces mesures visent à rationaliser les dépenses de l’État afin de favoriser la relance économique.
Le Conseil a également adopté un projet de loi initié par le ministère de la Justice, appelé « Loi Faso Bukaore ». Ce dispositif, inspiré des mécanismes traditionnels, prévoit la création d’instances locales de règlement des différends dans chaque secteur et village.
Ces structures permettront aux populations de recourir d’abord à la médiation traditionnelle avant de saisir les juridictions classiques. Pour le ministre Edasso Rodrigue Bayala, ce système renforcera la complémentarité entre justice moderne et pratiques coutumières.
Au titre du ministère de la Fonction publique, un décret introduit désormais une clause prioritaire obligeant les agents publics à servir l’État pendant au moins quinze ans. En cas de manquement, ils devront rembourser les frais de formation pris en charge par l’État.
De plus, vingt et un agents ont été révoqués pour falsification de diplômes lors de leur recrutement ou de leur promotion. Le ministre Mathias Traoré a précisé que cette décision reflète la volonté du Président Ibrahim Traoré de renforcer la lutte contre la corruption et d’assainir l’administration.
Enfin, le Conseil a annoncé que les sessions hebdomadaires se tiendront désormais les jeudis au lieu des mercredis. Une décision qui marque un réajustement du calendrier gouvernemental.
Avec ces mesures, l’exécutif affiche sa détermination à consolider la discipline budgétaire, moderniser l’administration et rapprocher la justice des citoyens, tout en poursuivant son objectif de transformation socio-économique.