Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile togolaise ont exprimé, lundi 5 janvier 2026 à Lomé, leur profonde réserve après la libération partielle de détenus d’opinion. Lors d’une conférence de presse conjointe, les signataires ont reconnu le soulagement apporté aux familles concernées, tout en estimant que ces remises en liberté ne sauraient être présentées comme un véritable geste d’apaisement.
Selon eux, les personnes libérées n’auraient jamais dû être incarcérées, leurs arrestations étant liées à l’expression d’opinions politiques. Les organisations dénoncent des détentions qu’elles jugent arbitraires, marquées par de mauvais traitements et, dans certains cas, par des violations graves des droits humains. Elles rendent hommage aux détenus libérés et saluent la mémoire de ceux qui sont décédés en détention.
Toutefois, les conférenciers soulignent que près de 70 prisonniers politiques resteraient encore derrière les barreaux. Ils citent notamment les cas de Marguerite Gnakadé, Jean-Paul Oumolou et Kpatcha Gnassingbé. Pour eux, une réelle décrispation passe par la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des détenus d’opinion, sans distinction.
Les organisations estiment par ailleurs que la question des exilés politiques demeure entière. Elles appellent les autorités à garantir le retour libre et sécurisé de tous les Togolais contraints de quitter le pays, sans crainte d’arrestations, d’intimidations ou de représailles. Selon elles, la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés constituent deux mesures indissociables pour amorcer un climat de confiance.
Au-delà du volet politique, les signataires ont également abordé la situation socio-économique. Ils alertent sur la persistance de la vie chère et jugent insuffisantes les aides ponctuelles accordées aux populations les plus vulnérables. Ils réclament des mesures structurelles, notamment une baisse durable des prix des produits de première nécessité, afin de soulager les ménages.
Les organisations se disent également préoccupées par les risques d’augmentation des tarifs de l’électricité, de l’eau et de certaines taxes, qu’elles considèrent inacceptables dans le contexte actuel. Elles estiment que les annonces officielles récentes ne répondent pas aux attentes concrètes des citoyens, confrontés à des difficultés persistantes en matière d’emploi, d’accès aux services de base et de pouvoir d’achat.
Dans leur déclaration, les responsables politiques et associatifs remettent en cause la gouvernance actuelle, qu’ils accusent d’alimenter la crise sociale et politique. Ils appellent les Togolais à rester mobilisés, à défendre leurs droits fondamentaux et à renforcer la coordination entre acteurs engagés sur le terrain et au sein de la diaspora.
Les signataires affirment vouloir œuvrer pour un Togo fondé sur la liberté d’expression, la justice, l’égalité des chances et le respect de la dignité humaine. Ils concluent en appelant les citoyens à refuser l’indifférence face à ce qu’ils considèrent comme des injustices, estimant que l’avenir du pays dépend de l’engagement collectif.