Le quatrième Sommet du Forum Inde-Afrique (IAFS-IV), prévu du 28 au 31 mai 2026 à New Delhi, marque une nouvelle étape dans les relations entre l’Inde et les pays africains. À travers cette rencontre diplomatique majeure, New Delhi souhaite renforcer son partenariat stratégique avec le continent africain et promouvoir une coopération plus équilibrée entre les nations du Sud global.
Dans une récente tribune, l’ambassadeur de l’Inde au Togo, S.R.H. Fahmi, souligne que ce sommet intervient dans un contexte international marqué par une redéfinition des équilibres géopolitiques et économiques. Selon lui, l’IAFS-IV représente bien plus qu’un simple forum diplomatique : il s’agit d’une plateforme destinée à construire une vision commune du développement et de la gouvernance mondiale.
Le thème retenu pour cette édition est : « Partenariat stratégique Inde-Afrique pour l’innovation, la résilience et la transformation inclusive ». Cette orientation repose sur le concept appelé « IA SPIRIT », présenté officiellement le 23 avril 2026 par le ministre indien des Affaires extérieures, Subrahmanyam Jaishankar.
Cette approche s’articule autour de trois priorités principales. La première concerne l’innovation, avec la volonté de développer les infrastructures numériques et de faciliter le transfert de technologies afin de soutenir la modernisation des économies africaines. La seconde porte sur la résilience, notamment face aux crises sanitaires, climatiques et alimentaires qui touchent plusieurs régions du monde. Enfin, la troisième priorité vise une transformation inclusive, afin que les bénéfices de la croissance profitent davantage aux populations.
Les relations entre l’Inde et l’Afrique reposent sur une longue histoire de solidarité et de coopération entre pays du Sud. Depuis le précédent sommet organisé en 2015, l’Inde a renforcé sa présence diplomatique sur le continent africain avec l’ouverture de nouvelles représentations, portant à 47 le nombre total de ses missions diplomatiques en Afrique.
L’intégration de l’Union africaine comme membre permanent du G20 sous la présidence indienne en 2023 a également été présentée comme une avancée importante. Pour New Delhi, cette décision traduit la nécessité d’accorder une place plus importante aux pays du Sud dans les grandes instances internationales.
Sur le plan économique, les échanges entre l’Inde et l’Afrique connaissent une croissance continue. Le volume du commerce bilatéral avoisine désormais les 100 milliards de dollars, tandis que les investissements indiens se multiplient dans des secteurs jugés essentiels au développement africain.
La coopération couvre plusieurs domaines stratégiques. L’Inde finance notamment des projets liés aux infrastructures, à l’énergie et au développement grâce à des lignes de crédit concessionnelles et des subventions. Des programmes de formation sont également proposés à des professionnels africains à travers l’initiative ITEC ainsi que des bourses spécialisées.
Le numérique occupe également une place importante dans ce partenariat. L’Inde souhaite partager son expérience dans les systèmes de paiement électroniques et les outils de gouvernance numérique afin de favoriser l’inclusion financière sur le continent africain.
Dans le secteur de la santé, des partenariats sont en cours avec la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique afin de soutenir la production locale de médicaments et de réduire les besoins d’importation.
Avant l’ouverture officielle du sommet, plusieurs réunions préparatoires seront organisées à New Delhi. Les hauts fonctionnaires se réuniront le 28 mai pour finaliser les projets de coopération et les textes officiels. Le 29 mai sera consacré à une rencontre ministérielle des Affaires étrangères, avant les sessions plénières prévues les 30 et 31 mai avec les chefs d’État et de gouvernement.
Les discussions porteront également sur des questions liées au climat, à l’énergie et à la sécurité. Plusieurs pays africains participent déjà à des initiatives internationales soutenues par l’Inde, notamment l’Alliance solaire internationale, l’Alliance mondiale des biocarburants et la Coalition pour des infrastructures résilientes face aux catastrophes.
Les échanges devraient aussi mettre l’accent sur le développement des énergies renouvelables, un domaine dans lequel l’Afrique possède un potentiel considérable. La coopération sécuritaire, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la sécurité maritime dans l’océan Indien, figurera également parmi les priorités des discussions.
À travers ce sommet, l’Inde et les pays africains souhaitent consolider un modèle de coopération Sud-Sud basé sur des intérêts communs, le partage d’expériences et un développement mutuellement bénéfique. Les autorités indiennes espèrent ainsi ouvrir une nouvelle phase des relations indo-africaines dans un contexte mondial en pleine transformation.
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