À la disparition d’Abass Kaboua, Gerry Taama livre un témoignage empreint d’émotion, mêlant souvenirs personnels, divergences passées et regrets, pour saluer une figure politique singulière.
Un dernier hommage à une personnalité marquante
Dans son message, Gerry Taama évoque leur dernière interaction, remontant au 8 janvier 2019, lors d’une session parlementaire. Il révèle qu’ils ont partagé plusieurs années à l’Assemblée nationale sans réellement échanger, malgré leur proximité physique. Une situation qu’il décrit avec une certaine distance, mais aussi lucidité.
Il reconnaît que des tentatives de réconciliation ont existé, sans aboutir, sans qu’il puisse en expliquer précisément les raisons. Il admet toutefois que leurs caractères affirmés ont pu jouer un rôle dans cette relation complexe.
Une relation faite de tensions et de respect
Le témoignage revient également sur un épisode marquant en 2013, lors d’une réunion politique, où un affrontement verbal avait opposé les deux hommes. L’incident avait été rapidement désamorcé, donnant lieu à une réconciliation informelle le soir même.
Au-delà des tensions, Gerry Taama souligne l’existence d’un respect mutuel entre eux, nourri par des personnalités fortes et un engagement politique intense.
Une trajectoire politique atypique
Abass Kaboua est décrit comme un acteur politique animé par le débat et la confrontation, qu’il considérait comme moteurs de son engagement. Son parcours, marqué par des positions successives — proche du pouvoir, opposant, puis figure parlementaire — témoigne d’une trajectoire complexe et parfois controversée.
Élu député en 2018, il s’est distingué par sa capacité à mobiliser et à s’imposer sur la scène politique, même si certaines de ses décisions ont suscité incompréhensions et critiques.
Au-delà de l’image publique
Derrière son image parfois rugueuse, Gerry Taama évoque un homme sensible et réfléchi. Il rappelle leurs échanges privés, loin des regards, durant lesquels Abass Kaboua faisait preuve d’une grande lucidité et d’une vision politique affirmée.
Selon lui, cette dualité entre l’homme public et l’homme privé constituait l’une des caractéristiques les plus marquantes de sa personnalité.
Des regrets et une réflexion plus large
L’hommage est également marqué par un regret personnel : celui de ne pas avoir renoué le dialogue avant sa disparition. Gerry Taama annonce sa présence aux obsèques, dans un geste de respect et de réconciliation symbolique.
Il soulève par ailleurs une question plus large sur l’accès aux soins, évoquant les conditions du décès survenu à l’étranger, et les inégalités que cela peut révéler.
Une figure unique
En conclusion, Gerry Taama rend hommage à une personnalité qu’il qualifie d’unique, reconnaissant à Abass Kaboua une place à part dans le paysage politique togolais.
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