Par arrêté ministériel N°077/MESR/DGOB du 2 septembre 2025, le ministre sortant de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Kanka-Malik Natchaba, a annulé les résultats de cinq candidats du Baccalauréat deuxième partie (BAC II), session normale 2025.
Ces candidats – Koudolo Blessing Daniel, Kolani Yendoubé Bernadette, Damigou Kinansaa Wilfred, Assiobo Yawo Romuald et Amegnignon Apégnon Joseph – ont été surpris avec des téléphones et des documents en lien avec les épreuves.
En plus de l’annulation de ses résultats, Damigou Kinansaa Wilfred est suspendu pour l’année scolaire 2025-2026 et ne pourra se représenter qu’à partir de la session 2026-2027. Une sanction qui oblige les concernés, pourtant déclarés admis en juillet, à reprendre entièrement l’examen.
Des délais et des incohérences qui interpellent
Cette décision, rendue publique plus de deux mois après la proclamation des résultats, soulève des interrogations. Beaucoup s’étonnent qu’après avoir été surpris en fraude, les candidats aient pu continuer les épreuves et être déclarés admis avant que l’annulation ne soit prononcée. Plusieurs observateurs dénoncent une « légèreté » dans l’organisation de l’examen.
Les failles pointées par les enseignants
Des enseignants estiment que la surveillance du BAC manque de rigueur, notamment parce que nombre de surveillants ne sont pas des enseignants mais des étudiants recrutés en renfort. Dans certains centres, les fouilles sont inexistantes ou inefficaces, ce qui favorise la fraude.
Parmi les solutions proposées :
- affecter au moins 75 % des surveillants hors de leurs zones habituelles pour limiter la complaisance ;
- accorder plus de pouvoirs aux chefs centres adjoints lorsque les effectifs dépassent 500 candidats ;
- rendre la police des examens plus active tout au long de l’année scolaire ;
- rappeler systématiquement aux candidats de se débarrasser de tout objet interdit avant chaque épreuve ;
- payer correctement les primes de transport des surveillants pour éviter tout relâchement.
Un problème plus large d’intégrité publique
Au-delà du cas du BAC, plusieurs acteurs soulignent que la fraude scolaire reflète une crise plus profonde de moralité publique au Togo. Ils dénoncent un système qui banalise la fraude électorale et l’impunité des élites, donnant aux jeunes l’impression que la tricherie est tolérée, voire encouragée.
Certains rappellent que même des responsables politiques, comme le ministre des Affaires étrangères Robert Dussey sanctionné pour plagiat par le CAMES, n’ont subi aucune conséquence politique. Pour beaucoup, cette culture d’impunité nourrit un climat où les valeurs d’honnêteté et de mérite sont affaiblies.