La Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) a lancé, le 5 décembre 2025, un nouvel avertissement sur la situation politique au Togo. La coalition d’opposition dénonce une dérive autoritaire qu’elle attribue au régime de Faure Gnassingbé, ainsi qu’une aggravation du climat sociopolitique depuis l’adoption de la Constitution de mai 2024.
Devant la presse à Lomé, les responsables du mouvement ont présenté les conclusions de leur séminaire de novembre. Ils estiment que le pays traverse une crise institutionnelle profonde, marquée par une perte de confiance entre le pouvoir et la population. Selon eux, la réforme constitutionnelle de 2024 aurait été imposée sans consultation démocratique et viserait à contrôler durablement la succession politique.
La DMP critique également le discours prononcé par le chef de l’État le 2 décembre, qu’elle juge déconnecté de la réalité vécue par les citoyens. La coalition y voit des contradictions entre les appels officiels à l’unité et les mesures restrictives observées sur le terrain, notamment les arrestations d’opposants et les limitations des libertés publiques.
Le mouvement décrit un contexte dominé par une gouvernance fragilisée, une corruption persistante et des difficultés socio-économiques croissantes. Il regrette aussi l’attitude jugée passive de certaines élites nationales, accusées de manquer d’engagement face aux enjeux actuels.
La communauté internationale est également mise en cause. Pour la DMP, plusieurs partenaires du Togo, dont la CEDEAO et certains pays occidentaux, adopteraient une position trop conciliante malgré les alertes répétées de la société civile.
Face à cette situation, la coalition appelle à une mobilisation nationale. Elle soutient qu’une participation citoyenne large et continue est indispensable pour défendre l’ordre constitutionnel et encourager une transition démocratique. Elle invite également les forces de sécurité à agir dans le respect de leur mission de protection du public.
La DMP réitère ainsi son appel à la création d’un front citoyen pour défendre les principes républicains et encourager un changement politique pacifique. Elle conclut en affirmant que l’avenir du pays dépend de l’engagement collectif.