Chaque mois, l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques et Démographiques (INSEED) publie le taux d’inflation au Togo. Mais derrière ce chiffre se cache un processus rigoureux : collecte de données sur le terrain, sélection de produits représentatifs et calculs précis.
Un panier basé sur les habitudes réelles
Pour mesurer l’évolution du coût de la vie, les statisticiens s’appuient sur un « panier de consommation ». Il regroupe aujourd’hui 810 produits et services courants : denrées alimentaires, soins de santé, vêtements, carburant, abonnements téléphoniques, frais scolaires, loyers, entre autres.
Ce panier est élaboré à partir de l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM) menée en 2021. Cette étude nationale a permis de comprendre les habitudes de consommation des ménages togolais. Les dépenses les plus importantes sont davantage représentées dans le panier grâce à un système de pondération, qui reflète leur poids réel dans le budget familial.
Ainsi, l’alimentation représente 28 % du panier, confirmant son importance dans les dépenses des ménages. Les transports comptent pour 12 %, le logement et l’énergie pour 8,4 %, tandis que l’habillement atteint 7,2 %. À l’inverse, les assurances et services financiers ne représentent que 0,1 %, traduisant leur faible utilisation.
Une collecte mensuelle sur tout le territoire
Une fois les produits définis, l’étape suivante consiste à relever les prix. Chaque mois, des agents de l’INSEED se rendent dans 4 790 points de vente à travers le pays : marchés, supermarchés, pharmacies, stations-service, boutiques et restaurants.
Au total, environ 29 200 relevés de prix sont effectués mensuellement. Depuis 2014, cette collecte couvre l’ensemble du territoire, aussi bien en zones urbaines que rurales. Sept grandes zones sont prises en compte : le Grand Lomé, la région Maritime, les Plateaux-Est, les Plateaux-Ouest, la Centrale, la Kara et les Savanes. Cette approche permet de refléter les écarts de prix entre la capitale et les autres régions.
L’indice des prix, indicateur central
Les données collectées servent à calculer l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC). En février 2026, cet indice atteint 103,6, avec une base fixée à 100 en 2023. Cela indique que les prix ont globalement augmenté de 3,6 % sur cette période.
En comparant cet indice à celui de février 2025, on obtient un taux d’inflation annuel de 0,4 %. Un autre indicateur est également utilisé : la moyenne des indices sur les douze derniers mois comparée à celle des douze mois précédents. En février 2026, cette moyenne s’établit à 0,1 %, offrant une vision plus stable des tendances.
Cet indicateur est notamment suivi par l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), qui fixe un plafond de 3 % pour ses États membres.
Une méthodologie harmonisée dans la région
Le calcul de l’IHPC ne relève pas uniquement du Togo. Il s’appuie sur une méthode commune adoptée par les huit pays de l’UEMOA : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Cette méthodologie, introduite en 1996 puis actualisée en 2008 et 2023, garantit des comparaisons fiables entre les pays.
Un outil clé pour l’économie
L’inflation est un indicateur essentiel pour orienter les politiques économiques. Les autorités publiques s’en servent pour ajuster les mesures sociales, suivre le pouvoir d’achat et adapter certaines rémunérations. De son côté, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) l’utilise pour définir sa politique monétaire, notamment en matière de taux d’intérêt.
Les entreprises, investisseurs et partenaires financiers s’appuient également sur ces données pour évaluer la stabilité économique du pays et orienter leurs décisions.