Au Togo, la fin de l’année 2025 et les premières semaines de 2026 ont été marquées par une situation climatique inhabituelle. En cause : une hausse de la température de surface de la mer dans le golfe de Guinée, évaluée à +0,65 °C en décembre 2025 par rapport à la moyenne de référence 1993-2023. Cette augmentation, observée en pleine période d’installation de l’harmattan, a modifié le régime des vents et des précipitations dans le sud du pays.
Ces éléments ont été présentés lors d’une conférence organisée par le ministère de l’Environnement et l’Université de Lomé, en présence de climatologues et d’institutions techniques.
Selon Latifou Issaou, directeur général de l’Agence nationale de la météorologie (ANAMET), l’élévation de la température de la mer favorise l’évaporation et accroît l’humidité dans l’atmosphère. Ce phénomène affaiblit les vents secs de l’harmattan et explique les pluies inhabituelles enregistrées en décembre et janvier.
Vents violents et pluies inhabituelles
Les spécialistes parlent davantage de « variabilité climatique » que d’« anomalie ». Néanmoins, les conséquences ont été concrètes. Entre décembre 2025 et janvier 2026, 114 personnes ont été sinistrées et 101 habitations endommagées à la suite de vents violents, contre aucun cas recensé sur la même période l’année précédente.
Parallèlement, les pertes dues aux feux de végétation ont fortement diminué, passant de 148 tonnes de récoltes détruites à 17 tonnes. Les chercheurs expliquent que la persistance de flux maritimes humides, au lieu des vents secs habituels, a favorisé des précipitations hors saison.
Ces phénomènes s’inscrivent dans une tendance plus large de réchauffement. Le niveau de la mer s’est élevé en moyenne de 1,8 mm par an entre 1950 et 1973, avec une accélération du rythme après 1993.
Chaleur attendue jusqu’à fin février
À court terme, l’ANAMET prévoit des températures maximales comprises entre 33 °C et 40 °C jusqu’à la fin du mois de février. Une brume sèche devrait dominer sur l’essentiel du territoire, tandis que des pluies localisées et dispersées pourraient concerner les régions Maritime et des Plateaux.
Cette séquence climatique intervient après une année 2025 marquée par un déficit pluviométrique. Le cumul national moyen des précipitations s’est établi à 987,8 mm, contre 1162,8 mm en 2024 et une moyenne quinquennale de 1198,3 mm.
Face à ces évolutions, les experts recommandent le renforcement des systèmes d’alerte précoce ainsi qu’une adaptation des calendriers agricoles aux nouvelles dynamiques saisonnières. Bien que le Togo ne représentait que 0,07 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2018, le pays reste particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique.