L’Assemblée législative de Transition (ALT) a adopté, le vendredi 9 janvier 2026, une nouvelle loi portant institution des jours chômés et payés, ainsi que des journées de commémoration et de recueillement au Burkina Faso. Le texte a été voté par 69 voix pour et 1 voix contre, abrogeant ainsi la loi de 2015 qui régissait jusque-là les fêtes légales et les événements à caractère historique.
Désormais, 11 dates sont officiellement reconnues comme jours chômés et payés sur l’ensemble du territoire national. Il s’agit du 1ᵉʳ janvier (Jour de l’An), du 8 mars (Journée internationale des droits de la femme), du 1ᵉʳ mai (Fête du Travail), du 15 mai (Journée des coutumes et traditions), du 15 août (Assomption), du 11 décembre (Fête nationale), du 25 décembre (Noël), ainsi que des fêtes religieuses mobiles que sont l’Ascension, le Mouloud, le Ramadan et la Tabaski.
Selon le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mathias Traoré, cette réforme marque un changement de terminologie et de philosophie.
« À partir de l’adoption de cette loi, il sera question de jours chômés et payés et non plus de fêtes instituées par loi », a-t-il précisé.
Parmi les principales innovations introduites figure la suppression de la disposition qui rendait automatiquement chômé et payé le lendemain d’une fête légale lorsque celle-ci tombait un dimanche. La nouvelle loi met ainsi fin à cette pratique, dans un souci de rationalisation du temps de travail.
Le texte procède également au reclassement de certaines dates symboliques, notamment la Toussaint, la Journée nationale des Martyrs, les Journées du Soulèvement populaire et la Journée de la Proclamation de l’Indépendance. Ces événements deviennent désormais des journées de commémoration et de recueillement. Elles ne seront pas chômées, mais feront l’objet d’un aménagement des horaires de travail dans les services publics et privés, selon des modalités précisées par communiqué officiel.
La loi prévoit par ailleurs une certaine flexibilité. En cas de circonstances exceptionnelles, les ministres en charge de la Fonction publique et du Travail pourront, par communiqué conjoint, déclarer une journée chômée et payée.
Avant cette réforme, le Burkina Faso comptait 15 jours chômés et payés par an. Le gouvernement a jugé nécessaire de réduire ce nombre afin d’accorder davantage de temps au travail, dans le but de soutenir les réformes engagées et accompagner la marche du pays vers un développement endogène et une souveraineté renforcée.
Selon les données de la Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH), un fonctionnaire burkinabè travaille en moyenne 214 jours par an, soit 58,63 % des 365 jours de l’année, sur la base d’une évaluation réalisée en 2021 par le Secrétariat permanent de la modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance (SP-MABG).
Une étude du ministère de l’Économie et des Finances révèle que les jours chômés et payés engendrent une perte annuelle cumulée estimée à 67,5 milliards de francs CFA pour le budget de l’État en 2025, soit environ 4,22 milliards de francs CFA par jour. La réduction du nombre de ces journées devrait permettre une économie annuelle d’environ 16,88 milliards de francs CFA.