L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) hausse le ton face à la situation politique actuelle au Togo. Dans une déclaration rendue publique, le parti de Jean-Pierre Fabre rejette la légalité du décret du 8 octobre 2025 qui a nommé le nouveau gouvernement. Selon l’opposition, ce texte n’a aucun fondement constitutionnel et s’inscrit dans ce qu’elle considère comme une « dérive institutionnelle » liée à la Constitution promulguée le 6 mai 2024.
L’ANC estime que cette Constitution, adoptée sans consultation populaire et en violation de la loi fondamentale de 1992, souffre de nombreuses lacunes qui paralysent le fonctionnement normal de l’État. Le parti évoque notamment un manque de clarté sur la répartition des pouvoirs et sur les procédures essentielles, comme celle de la nomination du gouvernement.
L’un des points centraux soulevés concerne l’absence, dans le texte constitutionnel de 2024, d’un article définissant l’autorité habilitée à nommer les membres du gouvernement. Pour l’ANC, ce vide juridique rend impossible toute formation légale de l’exécutif. Le décret signé par le « Président du Conseil des ministres » serait donc, selon elle, dépourvu de base légale.
Le parti affirme que, dans ces conditions, le gouvernement en place « n’a aucune légitimité », que ses actes sont « entachés d’illégalité » et que le fonctionnement des institutions repose désormais sur « l’arbitraire ». Il accuse ainsi le pouvoir d’avoir rompu l’ordre constitutionnel et d’avoir instauré une Cinquième République sans socle démocratique clair.
L’ANC rappelle qu’une Constitution doit être l’expression de la volonté du peuple et garantir une organisation institutionnelle cohérente, avec des contre-pouvoirs solides et une sécurité juridique suffisante pour éviter les abus.
Face à la situation, le parti formule trois principales demandes :
– la suspension immédiate du décret du 8 octobre 2025 ;
– l’ouverture d’un débat national sur la Constitution afin d’établir un cadre institutionnel plus clair et légitime ;
– la mobilisation citoyenne contre toute tentative visant à confisquer la souveraineté populaire.
La déclaration, signée par Jean-Pierre Fabre, a été publiée le 1ᵉʳ décembre 2025 à Lomé.