À Borgou, chef-lieu de la commune de Kpendjal 2, des habitants dénoncent des pratiques qu’ils assimilent à du racket, attribuées à un individu se présentant comme agent forestier. Selon plusieurs témoignages concordants, des prélèvements financiers seraient imposés sur divers produits, allant des denrées agricoles aux matériaux de construction comme le sable et le gravier. Des occupants provisoires d’une aire protégée seraient également contraints de verser des sommes importantes.
Dans cette localité, un climat de crainte s’est progressivement installé. De nombreux habitants affirment subir des pressions, des menaces et des actes d’extorsion de la part de ce prétendu forestier, dont l’autorité et la légitimité sont aujourd’hui vivement contestées.
D’après des sources locales, un poste de perception informel aurait été mis en place. Chaque tricycle transportant du sable ou du gravier serait obligé de s’acquitter d’un soi-disant « droit de poste », sans qu’aucun reçu officiel ne soit délivré. Les camions en provenance de Gbentchal et de Mandouri ne seraient pas épargnés : ils feraient l’objet de prélèvements systématiques pouvant atteindre 10 000 FCFA, quelle que soit la nature des céréales transportées.
Ces paiements s’effectueraient à l’aide de tickets de l’UNATROT, qui seraient obtenus avec la complicité présumée d’un transporteur basé à Dapaong. « Toute marchandise qui traverse la commune doit payer ce qu’il appelle un droit de poste », déplore un habitant de Borgou.
Certains témoignages vont plus loin et évoquent un usage controversé des fonds ainsi collectés. Une partie de l’argent servirait notamment à l’achat de chiens destinés à être abattus lors de repas organisés avec des proches de l’intéressé. Si ces faits étaient confirmés, ils soulèveraient de sérieuses interrogations sur le plan éthique et disciplinaire. « Même récemment, il aurait encore abattu un chien », confie un habitant joint fin décembre.
Une restitution qui renforce les soupçons
Un épisode survenu en novembre est venu renforcer les accusations. L. K., cultivateur résidant à Gbentchal, a été interpellé sur instruction de ce même individu, accusé d’avoir construit une maison d’habitation dans une aire protégée pour ses enfants. Présenté aux forces de défense et de sécurité, il a reconnu les faits et sollicité des circonstances atténuantes auprès des autorités.
Après sa libération, conditionnée à l’arrêt des travaux, le prétendu forestier aurait exigé, en privé, le paiement de 200 000 FCFA, affirmant que sa libération résultait de son intervention personnelle. Faute de moyens, L. K. aurait sollicité l’aide de son beau-frère, K. Y., qui aurait réglé la somme demandée.
Alertées, les autorités locales ont exigé le remboursement intégral de l’argent. Le 26 novembre 2025, la somme de 200 000 FCFA a effectivement été restituée à la victime, en présence du maire, de son adjoint et contre procès-verbal.
Malgré cette restitution, les dénonciations persistent. Certaines sources affirment que des personnes auraient été installées dans l’aire protégée de Gbentchal et de ses environs contre paiement. D’autres soutiennent que l’intéressé accuserait abusivement des villageois d’occupation illégale, alors qu’il aurait lui-même implanté une buvette dans une réserve administrative à Borgou.
L’ensemble de ces témoignages décrit un système structuré de prélèvements illégaux, exercés sous la menace de sanctions administratives ou d’arrestations, et appelle à une clarification urgente de la situation par les autorités compétentes.