Dans une tribune engagée, le sociologue Essodina E. interpelle la Cour suprême du Togo sur le scrutin municipal de Kozah 1, entaché selon lui d’irrégularités. Il dénonce un « symbole de la force contre le droit » et appelle la plus haute juridiction du pays à faire respecter la légalité républicaine.
Le 16 octobre 2025, l’élection du maire et de ses adjoints à Kozah 1 aurait dû être une simple formalité démocratique. Pourtant, elle s’est transformée en controverse juridique. Selon le décret présidentiel n°2019-087/PR du 17 juin 2019, lorsqu’une commune compte plus de deux adjoints, l’un d’eux doit provenir d’une sensibilité politique différente de celle de la majorité municipale. Une règle ignorée cette fois-ci, puisque les trois adjoints élus appartiennent au même parti.
Pour Essodina E., cette violation manifeste traduit un mépris inquiétant pour l’État de droit. Déjà en 2019, rappelle-t-il, les autorités locales avaient contourné la loi en maintenant un poste vacant plutôt que de le confier à l’opposition. Cette répétition d’irrégularités, estime-t-il, illustre une « arrogance institutionnelle » et une remise en cause du principe de pluralisme.
Le préfet, censé garantir la régularité du processus, est également mis en cause pour son inaction. Ce silence administratif, selon l’auteur, fragilise le contrôle de légalité et nourrit la méfiance des citoyens envers la justice.
La Cour suprême, désormais saisie, se retrouve face à un choix crucial : rétablir la légalité ou entériner une violation du droit. Pour le sociologue, l’enjeu dépasse le cas de Kozah 1. Il s’agit d’un test pour l’indépendance judiciaire et la crédibilité de la République togolaise.
Il en appelle également aux partenaires internationaux du Togo — tels que la GIZ, l’Union européenne et l’ambassade d’Allemagne — à ne pas rester indifférents. Selon lui, leur silence face à une telle situation reviendrait à cautionner une régression démocratique.
Essodina E. conclut en exhortant la Cour à honorer son serment : « rendre la justice au nom du peuple togolais ». La décision à venir, dit-il, sera bien plus qu’un simple arrêt : elle dira si, au Togo, la loi reste le dernier rempart contre l’arbitraire.