Dans une précédente contribution, nous appelions à bâtir au Togo une République sobre, où la gestion des finances publiques rimerait enfin avec exemplarité et transparence. Alors que la France de Sébastien Lecornu engage des réformes fortes dans ce sens, le Togo, à l’aube de sa Vème République et de la formation d’un nouveau gouvernement, doit lui aussi agir.
La leçon française
Avant même la composition de son gouvernement, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé un gel du budget de Matignon pour 2026, la suppression d’avantages accordés aux anciens Premiers ministres et la réduction des dépenses de fonctionnement. Objectif : économiser six milliards d’euros et rappeler que « l’argent public est précieux ».
Ces mesures s’ajoutent à une série de scandales récents autour de notes de frais d’élus, révélant des pratiques abusives pourtant légales. La réaction a été immédiate : plus de transparence, plus de rigueur et moins de privilèges.
Le Togo face à ses responsabilités
Avec la mise en place de la Vème République, le Togo a l’opportunité d’instaurer des règles claires. Car des dérives existent. Certains dirigeants d’institutions publiques se sont rendus coupables de dépenses injustifiables : voyages personnels financés par l’État, repas somptueux, vins et champagnes à prix d’or, carburant sans limites, contrats douteux. Autant de pratiques qui fragilisent la crédibilité de nos institutions.
Quelles mesures adopter ?
Le futur gouvernement doit instaurer un cadre strict :
- Plafonnement des budgets de fonctionnement selon la taille et la mission des institutions, avec obligation de justification pour tout dépassement.
- Transparence totale des frais de mission, représentation et réception via des rapports trimestriels publiés en ligne.
- Interdiction des dépenses personnelles sur fonds publics, avec remboursement obligatoire et sanctions sévères en cas d’abus.
- Encadrement des marchés publics, limitant le gré à gré aux cas d’urgence et imposant des appels d’offres transparents.
- Publication annuelle des comptes, certifiés par un auditeur indépendant, pour un contrôle citoyen renforcé.
La République des actes
La sobriété républicaine n’est pas une contrainte mais un choix de justice : chaque franc CFA économisé doit servir aux étudiants, aux hôpitaux, aux infrastructures utiles. Le peuple attend des actes concrets, pas de simples discours.
La Vème République togolaise ne gagnera en crédibilité que si elle rompt avec les abus du passé. L’occasion est historique : elle doit être saisie.