Le mouvement “Touche Pas à Ma Constitution” (TPMC) conteste avec vigueur la décision de l’Ordre National des Médecins du Togo (ONMT) de rejeter sa saisine relative à l’affaire des tortures infligées à l’artiste Aamron.
Dans un communiqué, le Front dénonce une interprétation restrictive du Code de déontologie médicale, estimant qu’elle compromet la crédibilité de l’Ordre et favorise une impunité morale au sein du corps médical.
Un rejet jugé infondé
Le Conseil National de l’ONMT a justifié son refus d’examiner la plainte en considérant que les faits reprochés à Madame Grâce Prenam Houzou, médecin impliquée dans l’affaire, ne relevaient ni des relations de soins ni de l’exercice de l’art médical.
Pour le mouvement, cette lecture est « abusivement limitative » et « contraire à l’esprit même de la déontologie médicale ».
« Le Code de déontologie consacre des obligations morales et professionnelles en toutes circonstances, bien au-delà du seul cadre thérapeutique », rappelle le Front.
Le rappel des principes déontologiques
Dans une nouvelle correspondance adressée à l’Ordre, TPMC cite plusieurs articles du Code pour étayer sa position :
- Article 4 : « Le médecin doit, en toutes circonstances, respecter les valeurs de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l’exercice de la médecine. »
- Article 37 : « Tout médecin doit s’abstenir, même en dehors de l’exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci. »
Ces dispositions, souligne le Front, imposent au médecin un devoir d’exemplarité et de probité à tout moment, y compris en dehors du cabinet ou de l’hôpital. Tout comportement portant atteinte à la dignité de la profession – qu’il s’agisse de corruption, de manipulation d’expertise ou de falsification de certificats – devrait donc relever de la compétence disciplinaire de l’Ordre.
Un risque d’impunité morale
Pour le mouvement, cette décision crée un précédent dangereux : en excluant de son champ de contrôle les manquements commis hors soins, l’ONMT risque de saper la confiance du public et d’affaiblir la légitimité morale de la profession médicale au Togo.
« Refuser d’instruire de tels faits, c’est ouvrir la voie à une impunité éthique », avertit le communiqué.
Appel à reconsidération et saisine internationale
Le Front invite l’ONMT à reconsidérer sa position et à instruire la plainte conformément à sa mission de veille déontologique.
Il indique par ailleurs avoir informé la Conférence Francophone des Ordres des Médecins (CFOM), dont l’ONMT est membre, de l’évolution du dossier.
« Que viennent les tyrans, ton cœur soupire vers la liberté ! », conclut la Cellule de Communication du mouvement, en réaffirmant son engagement pour la justice et la responsabilité institutionnelle.