Un atelier public-privé consacré à la transparence et à l’éthique dans la gestion publique s’est tenu jeudi à Lomé, avec pour objectif d’accélérer les réformes engagées et de renforcer la confiance des citoyens comme des investisseurs.
En ouvrant les travaux, le ministre des Finances et du Budget, Essowé Georges Barcola, a rappelé que la corruption n’est pas seulement une faute morale mais un obstacle direct au développement. Il a insisté sur le fait que la confiance constitue le premier moteur de l’investissement et que sa préservation dépend d’une action collective.
Le ministre a également réaffirmé les orientations fixées par le président du Conseil, Faure Gnassingbé, dans son discours sur l’état de la Nation : transparence accrue, redevabilité renforcée et culture de l’éthique au sein du service public. Selon lui, cette ligne directrice impose une discipline rigoureuse dans la gestion publique et une capacité constante à rendre des comptes.
Depuis plusieurs décennies, le Togo a intégré les cadres juridiques internationaux de lutte contre la corruption et s’est doté d’institutions dédiées : Inspection Générale d’État, HAPLUCIA, Cour des comptes, CENTIF ou encore ARCOP. La Vᵉ République franchit un nouveau cap avec la constitutionnalisation de la Haute Autorité pour la Transparence et l’Intégrité de la Vie Publique.
Malgré ces structures, les défis restent importants. Une étude de la HAPLUCIA estimait en 2020 que la petite corruption représentait un coût annuel de 10 milliards de Fcfa. Le phénomène touche autant les administrations que les entreprises, sous forme de pots-de-vin, fraudes ou conflits d’intérêts.
Pour y répondre, M. Barcola a souligné le rôle déterminant du numérique dans la prévention et le contrôle des pratiques illicites. La digitalisation progressive des services publics — douanes, impôts, opérations portuaires — doit permettre de limiter les contacts directs et de réduire les marges de manipulation. Le Projet d’Accélération Numérique (PANT) et la création d’un ministère chargé de l’efficacité du service public s’inscrivent dans cette logique.
Le ministre a appelé à une transformation profonde de l’action publique : une gouvernance tournée vers les résultats, des progrès tangibles et une administration capable de tenir ses engagements.
L’atelier devrait aboutir à des recommandations opérationnelles afin de renforcer la lutte anticorruption dans un cadre de collaboration entre l’État et le secteur privé. Pour M. Barcola, seule une mobilisation commune permettra de bâtir un Togo fondé sur la transparence, la justice et la performance.