À quelques jours de l’ouverture du 9ᵉ Congrès panafricain, prévu du 8 au 12 décembre au Palais des Congrès de Lomé, le Togo se retrouve partagé entre préparation diplomatique et contestation citoyenne. Alors que le pays s’apprête à accueillir cet événement majeur organisé avec l’Union africaine (UA), plusieurs organisations de la diaspora, dont le Mouvement du 6 juin (M66), ont appelé à une mobilisation pour dénoncer la situation politique nationale.
Le Congrès, consacré au renouveau du panafricanisme et à la place de l’Afrique dans les réformes multilatérales, devrait rassembler des délégations du continent, de la diaspora et des communautés afrodescendantes. Les discussions porteront notamment sur la représentation africaine dans la gouvernance mondiale et sur la question des réparations liées aux injustices historiques.
Cet événement survient dans la continuité des rencontres préparatoires, dont la Conférence internationale sur les crimes du colonialisme tenue à Alger le 30 novembre. À cette occasion, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a réaffirmé l’engagement du pays sur le thème annuel de l’UA, consacré à la justice et aux réparations pour les populations africaines et leurs diasporas.
Parallèlement, le M66 maintient sa pression contre le nouveau régime parlementaire, qu’il estime taillé pour renforcer le pouvoir du président Faure Gnassingbé. Le mouvement et ses soutiens réclament un retour à l’ancienne Constitution, la libération des détenus politiques et la possibilité d’organiser des élections présidentielles.
Dany Ayida, figure du M66, a récemment critiqué la tenue du Congrès à Lomé, estimant que l’événement servirait surtout à « légitimer » le régime en place. Selon lui, la priorités des Togolais restent les difficultés quotidiennes : « Les Togolais ont faim », a-t-il déclaré en dénonçant une rencontre qui profiterait davantage aux élites invitées.
Les manifestations précédentes organisées par les réseaux citoyens liés au M66 ont déjà été marquées par des violences. Des groupes de la société civile évoquent au moins sept morts et plusieurs arrestations, des chiffres contestés par les autorités. Les enquêtes ouvertes à la suite de ces événements n’ont, pour l’heure, pas abouti.