À l’occasion de la fête de Noël, le journaliste togolais Rodrigue Ahégo propose une tribune de réflexion sur l’état politique et social du Togo. Dans un texte à la fois critique et porteur d’espoir, il interroge le sens de cette célébration dans un contexte marqué par les difficultés économiques, les tensions politiques et un sentiment diffus de stagnation nationale.
En cette période traditionnellement associée à la paix et à la joie, l’ambiance reste contrastée pour de nombreux Togolais. Les célébrations se déroulent dans un climat où les attentes sociales demeurent fortes, tandis que les réalités quotidiennes rappellent les limites persistantes en matière de libertés, de justice sociale et de perspectives économiques. Pour l’auteur, Noël met en lumière un décalage entre l’idéal de fraternité et le vécu d’une large partie de la population.
Le texte souligne une lassitude accumulée au fil des décennies, nourrie par un système politique perçu comme peu réceptif aux aspirations populaires. Les discours officiels, estime-t-il, peinent à masquer les difficultés structurelles qui affectent les conditions de vie et la confiance des citoyens dans l’avenir. Cette situation contribue à faire de chaque fin d’année un moment de bilan plus que de célébration insouciante.
Cependant, la tribune ne se limite pas à un constat critique. Elle met en avant les sources de résilience du pays : les familles qui, malgré des moyens limités, préservent l’essentiel pour leurs enfants ; la jeunesse consciente des enjeux contemporains ; la diaspora engagée, qui maintient un lien actif avec le pays ; et les agriculteurs, piliers silencieux de l’économie locale. Pour l’auteur, ces forces constituent le socle d’un possible renouveau.
Noël est alors présenté comme une invitation à dépasser les divisions et à renouer avec une solidarité concrète. L’accent est mis sur la nécessité de reconstruire le lien social, de favoriser le dialogue et de promouvoir une action collective fondée sur le respect mutuel et la responsabilité. L’unité nationale apparaît comme un levier indispensable pour envisager des transformations durables.
Dans cette perspective, l’année 2025 est décrite comme une opportunité symbolique : celle de rompre avec une logique de résignation et d’ouvrir un nouveau cycle d’engagement citoyen. Sans minimiser les obstacles, l’auteur appelle à convertir l’indignation en énergie constructive, afin de poser les bases d’un avenir plus juste et plus inclusif.
Ainsi, au-delà de la célébration religieuse, Noël devient un temps de réflexion et de projection collective. Un moment pour rappeler que le changement ne relève pas de l’attente passive, mais d’une volonté partagée de bâtir, progressivement, une nation fidèle à ses valeurs républicaines et à ses aspirations profondes.