L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains (OMCT-FIDH) a signalé vendredi la disparition inquiétante de l’activiste togolais René Missode Koffi, connu sous le pseudonyme « A votre avis ». Détenu depuis juillet à la prison civile de Lomé, il est introuvable depuis le 22 août.
Selon le Centre de Documentation et de Formation aux Droits Humains (CDFDH), membre du réseau OMCT, le militant aurait été sorti de sa cellule disciplinaire par des hommes en civil assimilés à des agents de sécurité, avant d’être conduit vers une destination inconnue.
Âgé d’une trentaine d’années, René Missode Koffi s’était fait connaître grâce à ses vidéos dénonçant la répression de la jeunesse et appelant à l’alternance politique. Depuis sa détention, il avait lancé le mouvement « Justice pour les Prisonniers Politiques et les Prisonniers de Liberté Publique » (JPPP/JPLP), et annoncé avec d’autres détenus une grève de la faim illimitée prévue à partir du 27 août.
Ses proches affirment avoir appris de manière officieuse qu’il aurait été transféré au Service central de recherches et d’investigation criminelle (SCRIC), situé au carrefour Bodjona à Lomé. Aucune confirmation officielle n’a toutefois été donnée.
Ce n’est pas la première fois que l’activiste est victime d’une arrestation violente. En juin, il avait déjà été interpellé lors d’un direct sur TikTok, puis détenu au secret et torturé selon l’OMCT. Inculpé pour « trouble aggravé à l’ordre public », « atteinte à la sûreté intérieure de l’État » et « incitation à la révolte », il avait été incarcéré le 9 juillet.
Dans un communiqué, l’OMCT condamne fermement cette nouvelle disparition, exige des autorités togolaises qu’elles révèlent sans délai où se trouve René Missode Koffi, demandent sa libération immédiate et l’ouverture d’une enquête sur ses ravisseurs présumés.
L’organisation appelle également le gouvernement à inscrire la disparition forcée dans le droit national et à garantir le respect des libertés fondamentales prévues par la Constitution de 2024 et les conventions internationales.
Cette affaire intervient dans un climat tendu au Togo, marqué par les manifestations de juin dernier contre la vie chère et les arrestations arbitraires, sévèrement réprimées selon plusieurs ONG.