Lomé, octobre 2025 – Depuis août, l’Agence française de développement (AFD) a un nouveau directeur à Lomé. Benjamin Neumann, économiste et journaliste de formation, succède à Zolika Bouabdallah à la tête d’un bureau stratégique, au moment où le Togo cherche à intensifier ses partenariats financiers et à accélérer sa feuille de route de développement.
Un profil tourné vers les contextes fragiles
Fort de plus de quinze années d’expérience internationale, Benjamin Neumann a travaillé au sein de Proparco, à la communication du groupe AFD, puis à la division Crises et conflits. Il a notamment contribué à la mise en œuvre de l’approche « 3D » (Défense, Diplomatie, Développement) au Sahel et dans le Golfe de Guinée.
Avant sa nomination à Lomé, il dirigeait la Cellule Grand Sahel, chargée de coordonner un portefeuille d’interventions dans des pays fragiles mais stratégiques pour la coopération française.
Un partenaire clé du développement togolais
Au Togo, l’AFD gère un portefeuille d’une dizaine de projets, représentant plus de 300 millions d’euros. Ses financements couvrent des secteurs prioritaires :
- éducation et formation professionnelle,
- agriculture et élevage (réhabilitation de retenues collinaires dans les Savanes et la Kara),
- transition énergétique (parc solaire de 62 MW à Sokodé, cofinancé avec la BAD),
- infrastructures urbaines et portuaires (dont la modernisation du terminal à conteneurs de Lomé),
- santé et résilience climatique.
Chaque année, de 40 à 50 millions d’euros d’engagements supplémentaires sont mobilisés, auxquels s’ajoutent des programmes régionaux en matière de climat et de résilience dans le Golfe de Guinée.
Consolider les partenariats locaux
Selon l’AFD, la mission de Benjamin Neumann sera de mettre son expertise au service des priorités du Togo et de renforcer les liens avec les autorités et les acteurs locaux.
Cette nomination intervient dans un contexte africain en recomposition, marqué par la montée d’un sentiment antifrançais et l’émergence de nouveaux partenaires – Turquie, Chine, Russie, pays du Golfe – qui viennent concurrencer l’influence traditionnelle de Paris.
Pour Lomé, le défi reste d’attirer davantage de financements afin de soutenir l’inclusion économique, le développement des infrastructures, la gestion de la dette et la préparation à la croissance démographique.