Dix ans après le lancement du programme de réparations au Togo, le Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN) s’affirme comme un pilier de la justice transitionnelle. Si l’indemnisation financière a été une étape majeure, il apparaît aujourd’hui que la réparation des victimes passe aussi par un accompagnement psycho-médical.
À ce jour, 33 500 bénéficiaires ont reçu ce type de soutien grâce au programme du HCRRUN, en partenariat avec l’ONG Aimes Afrique. Parmi eux figurent des orphelins des violences sociopolitiques de 2005, pris en charge selon la recommandation n°49 de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR). Dans les villes de Dapaong et Tsévié, de nombreux témoignages soulignent l’importance de cet accompagnement pour retrouver autonomie, dignité et stabilité sociale.
Pour Dr Michel Kodom, président d’Aimes Afrique, la clé du succès réside dans l’écoute des victimes. « L’un des points forts du programme est la prise en charge psycho-médicale. Elle permet d’écouter les victimes et constitue la motivation principale d’Aimes Afrique aux côtés du HCRRUN. Au départ, ce volet n’était pas prévu ; la Présidente du HCRRUN a insisté pour l’introduire », explique-t-il.
Le médecin humanitaire rappelle que la réparation financière seule ne suffit pas. « On ne peut pas se contenter de donner de l’argent à des personnes traumatisées sans les écouter ni leur fournir un accompagnement psychologique. Ce volet est essentiel pour une réparation complète. »
Malgré un taux de satisfaction supérieur à 98 %, certains défis persistent, notamment le suivi à long terme des bénéficiaires. « La première difficulté consiste à rassurer les victimes déjà marquées par leurs blessures. La seconde est que certaines, une fois le chèque reçu, ne souhaitent pas revenir pour le suivi », précise Dr Kodom.
Le modèle togolais de réparation est reconnu au niveau continental, comme l’a montré le 6ᵉ Forum de l’Union africaine sur la justice transitionnelle tenu à Lomé en 2022. Pour Me Joseph Kokou Koffigoh, ancien Premier ministre, ce programme constitue « l’une des thérapies pour notre pays ».
Au-delà des chiffres, le message reste clair : sans accompagnement psycho-médical, la réparation est incomplète. Le HCRRUN et ses partenaires, menés par Dr Michel Kodom, continuent de défendre ce principe fondamental.