Le Réseau Ouest Africain pour l’Édification de la Paix au Togo (WANEP-Togo) a publié, le mercredi 4 février 2026 à Lomé, son rapport annuel sur la situation sécuritaire du pays pour l’année 2025. Élaboré à partir des données du Système National d’Alerte Précoce (NEWS-Togo), le document propose une analyse contrastée, mettant en lumière à la fois des progrès notables et des fragilités persistantes.
Selon le rapport, 629 incidents sécuritaires ont été enregistrés à l’échelle nationale en 2025, soit une augmentation de 40 % par rapport à l’année précédente. Cette hausse est principalement liée aux incidents associés à la démocratie et à la gouvernance, qui représentent 424 cas. Les violences basées sur le genre, avec 108 incidents, ainsi que les risques environnementaux et sanitaires, totalisant 52 cas, figurent également parmi les principales causes de cette progression.
WANEP-Togo souligne que certaines périodes, notamment celles marquées par des activités électorales et des événements sociopolitiques, ont connu une concentration accrue d’incidents, en particulier entre les mois de février et juillet.
Malgré cette augmentation globale, le rapport relève des avancées jugées encourageantes. Le nombre de décès liés aux incidents sécuritaires a significativement diminué, passant de 245 en 2024 à 157 en 2025, soit une baisse de plus de 36 %.
De même, les incidents liés au crime organisé et à l’extrémisme violent ont reculé de près de 50 %, avec 45 cas recensés contre 87 l’année précédente. WANEP-Togo attribue cette amélioration au renforcement des capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité, à l’amélioration des mécanismes de remontée d’informations et à une plus grande implication des communautés locales dans la prévention des risques.
Toutefois, des défis majeurs subsistent. Le nord du pays demeure particulièrement vulnérable aux incursions armées, tandis que les violences sexuelles, les disparitions de personnes, les accidents de la circulation et les conflits communautaires continuent d’affecter la sécurité humaine. La région des Savanes, notamment les préfectures de Kpendjal et de Kpendjal-Ouest, est identifiée comme une zone à risque élevé en raison de pressions sécuritaires persistantes.
Face à la menace djihadiste aux frontières septentrionales, les autorités togolaises ont engagé une réponse globale combinant actions sécuritaires et mesures sociales. Un « bouclier social », doté de plusieurs milliards de francs CFA, a été mis en place pour renforcer la résilience des populations. Cette approche inclut notamment le Programme d’Urgence de Renforcement de la Résilience dans la région des Savanes (PURS) et le projet COSO (Cohésion Sociale des Régions Nord du Golfe de Guinée), soutenu par la Banque mondiale.
Le projet COSO bénéficie désormais d’un financement global porté à 83 millions de dollars, soit environ 50 milliards de FCFA, après une rallonge dédiée à la prise en charge des réfugiés. Son objectif est de réduire les tensions sociales et de renforcer la cohésion dans les zones les plus exposées.
Pour rappel, WANEP-Togo est la représentation nationale du Réseau Ouest Africain pour l’Édification de la Paix, une organisation de la société civile engagée dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest, à travers l’alerte précoce, la médiation et le renforcement des capacités des acteurs locaux, en particulier des femmes.