Le Togo fait partie des quatorze pays d’Afrique de l’Ouest retenus pour bénéficier du programme multinational REWARD-AfricaRice. L’initiative a été officiellement lancée à Bouaké, en Côte d’Ivoire, avec le soutien de la Banque africaine de développement, du Centre africain du riz et de la CEDEAO.
Doté d’un budget de 8,5 millions de dollars sur une période de cinq ans, le programme vise à consolider les chaînes de valeur du riz et à renforcer l’autosuffisance alimentaire dans la région.
Cette initiative entend répondre à des défis structurels persistants. En Afrique de l’Ouest, les rendements moyens varient entre 2,2 et 2,5 tonnes par hectare, tandis que les pertes post-récolte peuvent atteindre 42 %. La production locale ne couvre qu’environ 60 % des besoins, maintenant une forte dépendance aux importations. Cette situation s’inscrit dans un contexte marqué par la croissance démographique, l’urbanisation rapide et les effets du changement climatique sur la productivité agricole.
REWARD prévoit la diffusion de variétés de riz améliorées, le renforcement des systèmes semenciers et l’introduction de technologies de transformation plus efficaces. Le programme inclut également l’élaboration de feuilles de route nationales pour les semences, des formations ciblées et un renforcement de la coopération technique entre les pays participants. À moyen terme, l’objectif est de porter les rendements à près de 7 tonnes par hectare.
Les retombées attendues sont significatives. Les projections indiquent une augmentation des revenus agricoles, estimés à environ 1 605 dollars par producteur contre 1 385 dollars actuellement. Environ 78 000 emplois pourraient être créés, dont près de la moitié au bénéfice des femmes.
Au niveau régional, les échanges intracommunautaires de riz pourraient atteindre 250 000 tonnes. Cette dynamique contribuerait à réduire la facture des importations et à renforcer l’intégration des marchés agricoles ouest-africains.
Au Togo, la mise en œuvre de REWARD intervient dans un contexte où la riziculture occupe une place croissante dans l’alimentation nationale, mais reste confrontée à plusieurs contraintes structurelles. La production est dominée par le riz de bas-fonds (55 %) et le riz pluvial (34 %), avec des rendements encore modestes malgré un potentiel agroécologique favorable. Les difficultés tiennent notamment à la faible maîtrise des aménagements agricoles et à l’accès limité aux intrants de qualité. En 2020, la production nationale s’établissait autour de 153 000 tonnes, couvrant seulement une partie des besoins. En 2023, les importations ont dépassé 43 milliards de FCFA, représentant plus de la moitié de la consommation nationale.
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