Plusieurs organisations politiques et citoyennes ont publié une déclaration commune dans laquelle elles expriment de vives critiques à l’encontre de la gouvernance actuelle au Togo. Elles y décrivent une situation qu’elles jugent alarmante sur les plans social, économique et institutionnel, et appellent les citoyens à rejeter la Ve République.
Dans leur texte, les signataires estiment que les conditions de vie se sont fortement détériorées ces derniers mois. Ils évoquent une précarité grandissante, marquée par l’insécurité alimentaire, la difficulté d’accès aux soins et la dépendance accrue à l’aide extérieure pour des besoins essentiels, notamment dans le secteur scolaire.
Sur le plan économique, les organisations pointent une croissance qu’elles qualifient de déséquilibrée. Elles reconnaissent certaines performances macroéconomiques, notamment dans les infrastructures portuaires, mais dénoncent une gouvernance jugée défaillante, minée par la corruption et incapable de transformer ces indicateurs en amélioration concrète du niveau de vie ou en opportunités d’emplois, en particulier pour les jeunes.
La déclaration revient également sur la situation des droits humains. Les auteurs dénoncent des arrestations arbitraires, des violences lors de manifestations, ainsi que des restrictions persistantes des libertés publiques et de la liberté de la presse. Ils affirment que ces pratiques ont conduit à une multiplication des détenus politiques et des exilés, alimentant un profond sentiment de découragement au sein de la population.
Les signataires critiquent par ailleurs les évolutions institutionnelles récentes. Ils estiment que les réformes constitutionnelles ont privé les citoyens de leur droit de choisir librement le chef de l’État et dénoncent une concentration excessive du pouvoir. Ils soulignent aussi le faible taux de participation aux dernières élections municipales, qu’ils interprètent comme un signe de désaffection et d’échec du processus de décentralisation.
Face à ce qu’ils qualifient de crise multidimensionnelle, les organisations réclament notamment la libération des détenus politiques, davantage de transparence dans la gestion des finances publiques, le rétablissement des libertés fondamentales, le respect des principes démocratiques et un environnement économique plus favorable à la création d’emplois.
Elles appellent enfin les Togolais à maintenir leur opposition à la Ve République et à poursuivre une mobilisation citoyenne qu’elles présentent comme nécessaire pour défendre la démocratie et l’État de droit.