« Le vrai politique, c’est celui qui sait garder son idéal tout en perdant son illusion. » — John F. Kennedy
La situation dramatique en Palestine, ravivée depuis les attaques du 7 octobre 2023, continue de susciter des réflexions profondes sur le rapport entre pouvoir, influence et justice. Sans chercher à commenter directement ce conflit, il est possible d’en tirer un parallèle avec la situation du peuple togolais, marqué lui aussi par un sentiment d’impuissance et d’abandon face à un système figé.
Le penseur américain Noam Chomsky résumait ainsi la tragédie palestinienne :
« Les Palestiniens n’ont ni richesse ni pouvoir, donc ils n’ont pas de droits. Vos droits dépendent de la richesse et du pouvoir dont vous disposez. »
Cette observation, d’une lucidité brutale, résonne étrangement avec la réalité togolaise. Comme les Palestiniens, les Togolais semblent privés des deux leviers essentiels qui font bouger le monde : l’argent et le pouvoir d’influence.
L’argent, premier moteur de visibilité
Dans l’arène internationale, la capacité à influencer dépend souvent des moyens financiers mobilisés. Les États, les partis ou les mouvements qui disposent de ressources suffisantes peuvent « acheter » l’attention — qu’il s’agisse d’influenceurs, de journalistes, de créateurs de contenus ou de médias étrangers.
Pour le Togo, cela signifierait investir dans la construction d’un narratif positif autour du changement politique, en mettant en avant ses bénéfices pour la stabilité régionale et la gouvernance en Afrique de l’Ouest. Dans un monde dominé par les réseaux sociaux, il s’agit de transformer le discours de la contestation en un projet d’avenir crédible, relayé par des voix influentes à l’échelle mondiale.
Le pouvoir de pression, second levier du changement
Au-delà des moyens financiers, le changement nécessite un rapport de force politique et diplomatique. Les acteurs internationaux — élus, diplomates, institutions multilatérales — façonnent la perception et la réponse de la communauté mondiale. Influencer leurs décisions, c’est agir au cœur du système.
Des organisations citoyennes togolaises, comme le M66, l’ont compris et ont commencé à exercer une pression stratégique sur ces acteurs. Mais cette influence doit s’étendre jusqu’aux élus nationaux — maires, députés, conseillers municipaux —, dont les choix, même symboliques, pèsent dans la dynamique de réforme.
La « recette Chomsky » appliquée au Togo
Noam Chomsky nous rappelle que la politique internationale n’est pas gouvernée par la morale, mais par des rapports d’intérêts. Pour espérer un changement politique durable, les forces togolaises doivent combiner deux ingrédients :
- des ressources financières capables d’attirer les soutiens nécessaires ;
- une capacité de pression sur les décideurs internes et externes.
C’est la logique du monde réel, celle que les puissants maîtrisent et que les faibles doivent apprendre à utiliser pour exister.
Appliquer cette « recette Chomsky » au Togo, c’est accepter que le changement ne se gagne pas seulement dans les rues ou les urnes, mais aussi dans les esprits et les réseaux d’influence. Tant que le régime en place exploitera ces leviers mieux que ses opposants, la balance du pouvoir restera inchangée.