Première fintech togolaise à avoir obtenu, en 2025, un agrément de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Ollo Africa entend désormais changer d’échelle. La start-up, spécialisée dans la digitalisation des tontines et des systèmes traditionnels d’épargne collective, affiche une ambition claire : devenir une référence de l’épargne communautaire numérique dans l’espace UEMOA.
Cette stratégie repose notamment sur Ohana Africa, son application mobile dédiée à la gestion digitale de l’épargne collective. La plateforme transpose dans l’univers numérique des pratiques solidement ancrées dans les habitudes financières africaines, facilitant ainsi l’inclusion financière de milliers d’utilisateurs.
Pour soutenir cette dynamique, le directeur général d’Ollo Africa, Mawuna Koutonin, annonce une augmentation significative du capital de l’entreprise. Les fonds propres devraient passer de 68 millions à 1 milliard de francs CFA, afin d’accompagner la croissance et les investissements à venir.
Depuis l’obtention de l’agrément de la BCEAO, la fintech a profondément renforcé sa structuration interne. L’entreprise a amélioré ses processus, sa gouvernance et ses standards de conformité, notamment en matière de sécurité des données, de confidentialité et de protection des utilisateurs. Ce cadre réglementé a renforcé la confiance des partenaires et des clients, tout en accélérant l’adoption de la plateforme, qui enregistre quotidiennement de nouveaux utilisateurs.
Sur le plan opérationnel, Ohana Africa compte déjà plus de 6 000 comptes familiaux actifs, avec des volumes de transactions évalués à plusieurs millions de francs CFA. Une nouvelle version de l’application est en préparation. Elle intégrera des fonctionnalités innovantes, dont le retrait d’argent aux guichets automatiques sans carte bancaire, ainsi que d’autres services destinés à simplifier les usages financiers du quotidien.
Au-delà du Togo, Ollo Africa observe avec attention les marchés voisins où l’épargne collective occupe une place centrale, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Toutefois, la priorité reste le marché national, avec l’objectif d’y consolider durablement les bases avant une expansion progressive dans la sous-région.
Dans un environnement où une large part de l’économie informelle reste dominée par le cash, la fintech togolaise entend jouer un rôle d’interface entre les pratiques traditionnelles et les systèmes financiers modernes, en collaboration avec les banques, les institutions de microfinance et les autorités monétaires.