L’affaire des licenciements à Radio Pyramide FM continue d’alimenter un vif débat dans le paysage médiatique togolais. Après le renvoi de cinq journalistes pour « faute grave », de nombreuses figures de la profession dénoncent une situation qu’elles jugent contraire aux droits des travailleurs et aux principes du journalisme.
Parmi les voix les plus entendues figure celle de Max Carmel Savi, journaliste et auteur. Invité à participer à une émission sur la station pour présenter un livre coécrit avec Mgr Barrigah, il explique avoir découvert, peu avant son passage à l’antenne, que la majorité de l’équipe de l’émission venait d’être licenciée. En réaction, il a décidé de ne pas participer à l’émission, affirmant refuser d’être associé à une telle situation.
Au-delà des licenciements, il dénonce ce qu’il considère comme des pratiques inacceptables. Selon lui, la direction évoque des « termes de contrat » alors qu’aucun contrat écrit n’aurait jamais été signé avec les journalistes concernés. Il s’interroge ainsi sur le fonctionnement d’une radio d’envergure nationale sans contrats formels ni cotisations sociales, alors que certains journalistes y travaillent depuis près de dix ans.
Max Carmel Savi met également en lumière l’absence de couverture sociale pour plusieurs professionnels, notamment des journalistes de plus de 50 ans qui ne bénéficieraient ni de retraite ni d’assurance maladie. Il pointe aussi la stagnation des salaires, estimés entre 60 000 et 120 000 FCFA, restés inchangés depuis une décennie malgré la hausse du coût de la vie.
Selon lui, les cinq journalistes licenciés — David Cudjoe Amekudzi, David Assimadi, Marius Attor, Richard Aziague et Jean-Jacques Snoby Attikpo — n’auraient fait que réclamer des conditions de travail minimales, notamment du crédit de communication pour joindre leurs invités, et évoquer la possibilité d’une grève. Des revendications qu’il juge légitimes et qui, selon lui, ne sauraient justifier un licenciement.
La réaction de Noël Tadegnon, autre figure reconnue de la presse togolaise, illustre l’indignation générale dans la profession. Il qualifie la situation de « révoltante », un sentiment largement partagé par de nombreux journalistes.
Au-delà du cas de Pyramide FM, cette affaire met en lumière une problématique plus large : la précarité persistante des professionnels des médias privés au Togo. Elle relance le débat sur les conditions de travail, la protection sociale et la liberté d’informer dans un contexte où de nombreux journalistes exercent sans garanties ni sécurité.
La mobilisation annoncée par plusieurs acteurs du secteur pourrait transformer ce dossier en un symbole national de la lutte pour des conditions de travail plus justes et un journalisme plus respecté.